ACTE I, SCENE I
PYRANTE.
Bien loin de l'y plonger , -vous l'en retirerez.
LYSIMON.
C'est en vain sur cela que vous me prêcherez : Vous blâmez ma conduite , et je blâme la vôtre.
PYRANTE.
Oui ; mais la plus heureuse est préférable à l'autre.
LYSIMON.
Et que fait donc ce fils, de beau, de merveilleux?
PYRAïTTE.
Apprenez- le en deux mots , il fait ce que je veux.
LYSIMOK.
Je trouve qu'en cela sa peine n'est pas grande ; Car vous voulez toujours tout ce qu'il vous demande.
PYRANTE.
Moi, je cherche son goût; il se conforme au mien. Mon fils est mon ami, comme je suis le sien.
LtSIMOIf.
Ma foi , vous radotez; je vous croyois plus sage.
PYRANTE.
Je ne me repens point de suivre cet usage. Dès ses plus jeilnes ans j'ai voulu le former. Le succès de mes soins a droit de me charmer. D'abord , en lui parlant , je pris un air sévère, Pour lui faire sentir l'autorité de père : La crainte et le respect ayant saisi son cœur , A la sévérité je joignis la douceur.
Je lui parlois raison dès l'âge le plus tendre , Et je l'accoutumoi9 tous les jours à l'entendre. i. 17
a&8 L'IRRÉSOLU.
Il connut ses devoirs, non par le châtiment,
Mais par l'obéissance et le raisonnement.
S'il y manquoit parfois , la rougeur, dès cet âge,
Quand je l'en reprenois , lui montoit au visage,
Et je reconnoissois , en sondant son esprit,
Qu'il rougissoit de honte, et non pas de dépit.