‹ Œuvres dramatiques de N. DestouchesChapitre 174 sur 357 · SCÈNE IL PYRANTE, LYSIMQN, FRONTIN · texte numérisé non relu

SCÈNE IL PYRANTE, LYSIMQN, FRONTIN

FROlfTIN, àPyrantc.

Je vous cherche, Monsieur, avec impatience.

PTRANTE.

Eh bien, que fait mon fils ?

FRONTIN

Il réfléchit, il pense, Il me chasse , il m'appelle , il est assis , debout , Il court, puis il s'arrête; il balance, il résout; Il est joyeux, rêveur, plaisant, mélancolique; U approuve, il condamne, il se tait, il s'explique; Il sort de la maison , il y rentre aussitôt ; Il veut, il ne veut plus , ne sait ce qu'il lui faut ;

*6a L'IRRÉSOLU.

Et voilà, pour vous faire un récit bien sincère, ' De monsieur votre fils le manège ordinaire.

PYRANTE.

Il n'est pas question de ce beau récit-là; Et , depuis très-long-temps , je connois tout cela. Tu sais que , me trouvant sur le déclin de l'âge , Je voudrois voir mon fils songer au mariage,

FROBTIN.

De vos ordres secrets je me suis acquitté

Avec beaucoup de zèle et de dextérité.

Hier au soir j'employai mes soins et mon adresse ,

Pour lui persuader de prendre une maîtresse

Qui portât ses désirs au lien conjugal ;

Je le prêchai long-temps , et ne préchai pas mal :

Je suois sang et eau.

PYRANTE. .

Quelle fut sa réponse?

FROWTIIT.

Àh! belle tout-à-fait, et digne qu'on l'annonce!

PTRANTE.

Eh bien, il répondit?

FROITTIK.

H ne répondit rien.

Mais , Monsieur, mon discours l'endormit assez bien.

LYSIMON.

Il se moque de vous.

frohtiit.

Non , je me donne au diable.

PYRAICTE.

Je crois que ce qu'il dit est assez véritable.

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