‹ Œuvres dramatiques de N. DestouchesChapitre 175 sur 357 · ACTE I, SCENE IL · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE IL

Ainsi donc tes discours ont été sans effet?

FRONTIBT.

Pardonnez-moi, vraiment. J'en suis très-satisfait. En voici les raisons en fort peu de paroles. Ce matin....

LYSIMON.

Il vous va conter des fariboles.

FRONTIIT.

Eh, mais! si Monsieur veut contrarier toujours, Je ne finirai pas mon récit en deux jours.

Î>YRAHTE.

Eh ! laissez-le parler.

FRONTIR.

Ce matin donc mon maître , Au moment que le jour commençoit à paraître , S'est levé tout joyeux. Cher Frontin, m'a-t-il dit, Tes discours ont long-temps occupé mon esprit. Tout bien considéré, je me trouve d'un âge A devoir en effet songer au mariage.

Je ne balance plus , le dessein en est pris.

PYRAKTE.

Plus agréablement pouvois-je être surpris ? Tiens, voilà deux louis pour ta bonne nouvelle.

FRONTIIT.

Très-obligé. Je sors. Mon maître me rappelle , Je l'habille, il se tait. Quand il est habillé, Je revois, me dit-il, tantôt tout éveillé. Qui? moi, me marier! Ali! je n'ai point envie D'aller risquer ainsi le repos de «a vie.

*64 l'irrésolu;

LYSIMON.

Je vous Pavois bien dit, qu'il se moquoit de vous.

PYRAITTE.

Allons, coquin, rends-moi mes deux louis.

FRONTIPf.

Tout doux.

Ceci ne finit pas comme on pourrait le croire. Écoutez, s'il vous plaît, la fin de mon histoire. Il sort. À son retour , il paraît tout changé , Il brûle de se voir par l'hymen engagé. D'un semblable projet je ne faisois que rire : Mais comme il m'a permis de venir vous le dire , Et de vous assurer qu'il ne changera point , Je crois qu'il ne peut plus reculer sur ce point.

PYRANTE.

C'est bien dit. Il me craint , il m'aime, il me respecte : Sa résolution ne peut m'être suspecte.

Mais, dis-moi.

FRONTIW.

Quoi, Monsieur?

PYRANTE.

Je serais curieux De savoir s'il n'a point encor jeté les yeux Sur quelque objet....

froktin.

Eh ! oui. C'est ce qui fait sa peine.

PTRANTE.

Comment? a-t-bn pour lui du mépris, de la haine?

FRONTIN

Non , ce n'est point cela. La peine où je le vois, C'est qu'il aime, Monsieur, deux belles à la fois.

Page 1