‹ Œuvres dramatiques de N. DestouchesChapitre 176 sur 357 · ACTE I, SCENE II. a · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE II. a

L'un de ces deux objets est une jeune blonde, Qui paroît à ses yeux la plus belle du monde; Et l'autre est une brune aux yeux vifs et perçants, Dont les charmes sur lui ne sont pas moins puissants. Le sérieux de Tune , et sa langueur touchante , Lui disent qu'elle est tendre, et fidèle, et constante; Mais l'enjoûment de l'autre, et sa vivacité, Ont un attrait piquant dont il est enchanté. Enfin, passant toujours de fo blonde à la brune, U les veut toutes deux, et n'en choisit aucune; Et quant à moi, je crois que , pour le rendre heureux , Il les lui faudroit faire épouser toutes deux.

PYRANTE.

Finis ce badinage , et tire-moi de peine. Qui sont ces deux objets ?

FRONTIIT.

Julie et Célimène,

PYRAITTE.

Je ne m'étonne plus , s'il a Unt souhaité Que je logeasse ici.

FRONTIW.

Pour sa commodité, Il a voulu loger avec madame Argante ; Et la chose en sera beaucoup moins fatigante, Car nous ferons l'amour sans quitter la maison.

PYRANTE.

Je m'étois bien douté que c'étoit la raison...,

LYSIMOJf.

Si vous vous en doutiez , c'est par là , ce me semble, Qu'il falloit éviter de loger tous ensemble.

a66 L'IRRÉSOLU.

PTRANTE.

Pourquoi ?

LYSIMOIT.

Vous souffrirez , sans en être honteux , Qu'à vos yeux votre fils fasse le langoureux?

PTRANTE.

Sans doute.

LTSIMON.

Vous pourrez avoir la patience De l'entendre parler de flamme, de constance; Et vous tiendrez enfin à tous ces sots discours 9 Que nos amants transis rebattent tous les jours ?

PYRAïCTE.

Oui. Mon fils est d'un âge à sentir dans son âme Les tendres mouvements d'une amoureuse flamme.

LTSIMON.

Les tendres mouvements ! quels termes doucereux ! Je crois qu'en un besoin vous seriez amoureux.

PTRANTE.

Non; mon temps est passé. Mais comme en ma jeunesse J'ai goûté les plaisirs d'une vive tendresse , Je dois trouver fort bon que mon fils , à son tour f S'abandonne aux transports d'un légitime amour ; Je ne condamne point ce que j'ai (ait moi-raéme. J'aimois quand j'étois jeune ; il faut que mon fils aime.

LTSIMON.

Mais pouvez-vous souffrir qu'il songe à s'allier Àve<# madame Argante ? Elle est folle à lier.

Ï>YRANTK.

Oui; mais ses filles sont aussi sages que belles.

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