‹ Œuvres dramatiques de N. DestouchesChapitre 185 sur 357 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

NÉBINE, «nie.

Allez , monsieur Frontin , comptez sur mon adresse ; Je mourrai dans la peine , ou tiendrai ma promesse. Je puis fort aisément sonder deux jeunes cœurs, Dont le monde n'a point encor gâté les mœurs; Et quand je n'aurois pas toute leur confiance , Gomme je l'eus toujours dès leur plus tendre enfance, Je suis fine, et je sais du cœijr le plus discret Arracher, quand je veux, un amoureux secret Surtout, je voudrois voir Célimène amoureuse, Car elle me paroît un peu trop dédaigneuse : Elle fait vanité de n'avoir nuls désirs , Et dans l'indifférence elle met ses plaisirs. Triste état , à mon sens , que cette léthargie ! Mais, pour moi, sans l'amour j'estime peu la vie. Finissons; et, tandis que Madame est dehors, En faveur de Dorante employons nos efforts. Voici tout à propos la prude Célimène.

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