‹ Œuvres dramatiques de N. DestouchesChapitre 186 sur 357 · UTÉRINE · texte numérisé non relu

UTÉRINE

Et de quoi ?

CÉLIMÈNE

Je ne sais. Je venois te trouver....

Dis-moi, ne sais-tu point ce qui me fait rêver?

NÉBINE.

Tout franc, la question me paroît fort plaisante. Gomment! vous ignorez?...

CÉLIMÈNK.

Je ne suis pas contente ; C'est tout ce que je sais,

NÉRINE

Examinez-vous bien.

CÉLIMÈNE

Je 'cherche, j'examine, et ne découvre rien.

NÉRINR

Mauvais mal ! Depuis quand étes-vous si rêveuse?

CÉLIMÈNE

Depuis trois jours.

NÉRINE

Oh, oh ! l'affaire est sérieuse.

Depuis trois" jours !

a8o L'IRRÉSOLU,

CÉLIMÈNE

Tu mis que naturellement Je me plais à rester dans mon appartement , Que j'évite le monde , et que , toujours tranquille , Je nourris mon esprit d'une lecture utile.

NÉRIWE.

Eh bien?

CJÉLIMÈNE.

Depuis trois jours je ne me connois plus; Pour me tranquilliser mes soins sont superflus : Je vais , je viens , je suis inquiète , agitée.

NJÉRINE.

Pauvre enfant! Je vous trouve aussi plus ajustée Qu'à l'ordinaire.

C^LIMÈNE.

Oui ; mais je ne sais pourquoi.

NARINE

Des mouches, des rubans! Ah! qu'est-ce que je vois? Vous avez mis du rouge !

C^LIMÈNE.

Il faut suivre la mode.

NÉRINE

Quoi! vous qui la trouviez ridicule, incommode?

CELIM^NE.

Ah , ma chère ! aide-moi , de grâce , à deviner D'où vient ce changement qui paroît t'étonner.

NARINE

Ne le savez-vous pas ?

CÉLIMÈNE

Non : ma peine est extrême; Je ne saurois^ncor me deviner moi-même.

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