UTÉRINE
Et de quoi ?
CÉLIMÈNE
Je ne sais. Je venois te trouver....
Dis-moi, ne sais-tu point ce qui me fait rêver?
NÉBINE.
Tout franc, la question me paroît fort plaisante. Gomment! vous ignorez?...
CÉLIMÈNK.
Je ne suis pas contente ; C'est tout ce que je sais,
NÉRINE
Examinez-vous bien.
CÉLIMÈNE
Je 'cherche, j'examine, et ne découvre rien.
NÉRINR
Mauvais mal ! Depuis quand étes-vous si rêveuse?
CÉLIMÈNE
Depuis trois jours.
NÉRINE
Oh, oh ! l'affaire est sérieuse.
Depuis trois" jours !
a8o L'IRRÉSOLU,
CÉLIMÈNE
Tu mis que naturellement Je me plais à rester dans mon appartement , Que j'évite le monde , et que , toujours tranquille , Je nourris mon esprit d'une lecture utile.
NÉRIWE.
Eh bien?
CJÉLIMÈNE.
Depuis trois jours je ne me connois plus; Pour me tranquilliser mes soins sont superflus : Je vais , je viens , je suis inquiète , agitée.
NJÉRINE.
Pauvre enfant! Je vous trouve aussi plus ajustée Qu'à l'ordinaire.
C^LIMÈNE.
Oui ; mais je ne sais pourquoi.
NARINE
Des mouches, des rubans! Ah! qu'est-ce que je vois? Vous avez mis du rouge !
C^LIMÈNE.
Il faut suivre la mode.
NÉRINE
Quoi! vous qui la trouviez ridicule, incommode?
CELIM^NE.
Ah , ma chère ! aide-moi , de grâce , à deviner D'où vient ce changement qui paroît t'étonner.
NARINE
Ne le savez-vous pas ?
CÉLIMÈNE
Non : ma peine est extrême; Je ne saurois^ncor me deviner moi-même.