‹ Œuvres dramatiques de N. DestouchesChapitre 193 sur 357 · ACTE II, SCENE VI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE VI

M"* ARGANTE

Soit, je financerai, mais légitimement; Je ne veux me lier que par le sacrement.

NÉRINE

Avec Dorante ?

M"* ARGANTE

Oui.

NÉRINE

Mais vous seriez sa mère.

M** ARGANTE

Vous êtes une sotte.

NÉRINE

Eh ! là , point de colère , On ne nous entend point.

Mme ARGANTE.

Nérine , je prétends Être comme j'étois à Page de vingt ans.

NÉRINE

Voilà , je vous l'avoue, une verte vieillesse.

MF* argantê. Poui* moi, je prétends être encor dafis ma jeunesse.

nérine.

Oui, par les actions et par les sentiments; Mais cela suffit-il pour captiver les gens? On sait que vous avez deux filles très-nubiles.

M"* ARGANTE

Ah! c'est mon désespoir, et....

NÉRINE

Plaintes inutiles.

Il faut les marier.

a9* L'IRRÉSOLU*

M"* ARGANTE

Sans ces friponnes-là , Je. n'aurois pas trente ans.

NÉRINEt

Oh! je crois bien cela; Mais, malheureusement, on vous en croit cinquante» Combien vous donnez-vous ?

M** ARGANTE

Je suis sur les quarante,

NARINE

Oui, mais depuis long-temps.

Mme ARGANTE.

Brisons sur ce sujet, Nérine; je te veux confier un secret Feu monsieur mon mari.... devant Dieu soit son âme ! Mais c'étoit un grand sot.

NÉRINE, faisant la révérence.

Je le sais bien , Madame.

M-* ARGANTE

Or donc, feu mon mari voulut bien m'épouser Pour ma seule beauté. Sans vouloir me priser, J'étois, comme je suis, fraîche, vive, éclatante. Il avoit bien en fonds dix mille écus de rente; Mais je connus depuis qu'il avoit de surplus, En billets au porteur, plus de cent mille écus. Cinq' ans avant sa mort, il m'en fit confidence ; Et je sus me contraindre à tant de complaisance, Que le pauvre benêt crut que je l'aimois fort, Et qu'il me confia ses billets. Il est mort ,

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