‹ Œuvres dramatiques de N. DestouchesChapitre 197 sur 357 · ACTE II, SCENE VIII. a · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE VIII. a

Sans la sincérité, qu'il faut toujours chercher, La plus rare beauté ne sauroit me toucher. Une femme sincère est un trésor si rare, Que dès qu'on la rencontre, il faut qu'on s'en empare. Et quel bonheur encor, quand l'esprit, la beauté, Mille agréments sont joints à la sincérité ! Tous ces charmes, Frontin, se trouvent dans Julie, Et le sort m'offre en elle une fille accomplie.

FRONTIN

Vous l'épouserez donc?

DORANTE

Oui, je vois que nos cœurs Sont....

FRONTIN

J'entends, vous allez épouser les deux sœurs.

Quel discours !

FRONTIN

Par ma foi, c'est la suite du vôtre.

NÉRINE

Les prendrez-vous ensemble, ou bien l'une après l'autre?

DORANTE

Je voudrois n'être aimé que de l'une des deux.

NÉRINE

Je vous l'avois bien dit, vous êtes trop heureux.

DORANTE

Le moyen de choisir ?

NÉRINE

Votre aventure est rare, Et la plainte e$t nouvelle autant qu'elle est bizarre.

Kj8 L'IRRÉSOLU.

Mais vous avez le don de charmer tous les cœurs,

Et vous ne savez pa6 encor tous vos malheurs.

Gomment donc?

xérihe.

Je connoîs une aimable pouponne Qui voudroit vous offrir au moins une couronne , Et qui, pour abréger les discours superflus, Veut payer votre cœur plus de cent mille écus.

FROHTIN.

Cent mille écus !

I9ERINF.

Comptant.

FRONTIIT.

La peste! quelle somme!

Vite, dis-nous comment cette belle se nomme. I Cent mille écus, Monsieur, en argent bien compté; Cela vaut la pudeur et la sincérité.

DORANTE

Tu railles.

NARINE

Non : l'amour, je crois, la rendra folle; On vient de me charger de vous porter parole.

FRONTIH.

Veut-elle épouser ?

NÉRIJTE.

Oui.

FRONTIN

Monsieur donne sa foi; Mais il faut cent louis de pot-de-vin pour moi.

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