‹ Œuvres dramatiques de N. DestouchesChapitre 213 sur 357 · ACTE III, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE IV

DORANTE

Madame , en conscience , Rien n'est moins véritable.

ffRONTIN, à part.

Oh! quel le impertinence!

M"1 AR G À If TE.

Quoi !

DOUANTE.

Mon respect pour vous ne peut être égalé ; Mais pour vous aimer, non; qu'il n'en soit point parlé.

LE CHEVALIER

Il refuse une main trop vivement offerte ;

Mais qui peut mieux que moi réparer cette perte?

Çà, je compte déjà notre hymen arrêté ;

Ainsi je vais user de mon autorité.

J'entends, je veux, j'ordonne , en père de famille.

Que Dorante au plus tôt épouse notre fille.

M"* ARGANTE

Notre fille?

LE CHEVALIER

Oui, Julie; il l'aime à la fureur.

La friponne pour lui ressent la même ardeur.

M"* ARGANTE

Vous ne répondez rien. Me dit-il vrai, Dorante?

FRONTIN

Quelque chose approchant.

DORANTE

Tout franc, madame Argante, Monsieur le Chevalier vous convient mieux que moi; Vous êtes nés tous deux l'un pour l'autre.

LE CHEVALIER

Oui, ma foi.

M"" A R GANTE

Quoi ! par un feint amour vous m'auriez donc leurrée?

FRONTIN

C'est qu'il fétoit mépris. La chose est réparée.

M* ARGANTE

Répondez, répondez; comment justifier?....

DORANTE

Je vous parle en ami , prenez le Chevalier.

M"* ARGANTE, * Dotante.

Ah! trêve d'amitié.

LE CHEVALIER

Souffrez que je vous prie, Si c'est trop d'ordonner, qu'il épouse Julie.

M-* ARGANTE, à Dorante.

Comment! vous l'aimez donc?, '

DORANTE

Cela n'est que trop vrai.

M*0 ARGANTE

Mais vous me recherchiez ?

FRONTIN

C'étoit un coup d'essai.

M"* ARGANTE

Un coup d'essai ?

Sans doute. Il craint d'aimer sa femme.

M-* ARGANTE

Et vouloit m'épouser ?

Page 1