ACTE III, SCENE IV. 3ai
Le chevalier.
Pour vous parler d'amour.
U faut nous marier avant la fin du jour.
DORANTE, à Frontin.
Qu'il arrive à propos!
LE CHEVALtEtt.
Ma flamme est violente , Et je ne sais pourquoi je vous trouve charmante. Je viens donc vous jurer que vous avez en moi Un protestant tout prêt à vous donner sa foi.
M"* ARCAttTE.
Laissez-nous.
LE CHEVALÎÊh.
Refuser un homme de ma sorte , Quand je suis tout en feu , quand l'amour me transporte !
Mma ARGANTE.
Fi donc, petit badin! vous vous passioniiez.
LE CHEVALIER
Et peut-on retenir l'amour que vous donnez? Pour vous voir un moment , j'ai couru comme un lièvre. Je sens des mouvements!... N'aurois-je point la fièvre? Tâtez....
M-" ARGANTE
Oh ! je vous crois ; car j'ai su de tout temps Inspirer des transports si prompts, si violents,...
LE CHEVALIER, se jetant à ses genoux.
Que je meure à vos pieds, si je ne vous adore.
Tous êtes ma beauté , mon soleil , mon aurore.
Belle maman , daignez m'honorer d'un regard.
i. ai
3aa L'IRRÉSOLU.
M"* ARGANTE
Mon pauvre Chevalier, vous arrivez trop tard.
LE CHEVALIER
Est-il quelque rival dont la flamme insolente?....
M"" ARGiNTE.
Oui , vous en avez un : le voilà; c'est Dorante.
DORANTE , bas au Chevalier.
N'en crois rien , Chevalier.
M™* ARGANTE
Pour couronner nos feux , Les doux nœuds de l'hymen vont nous unir tous deux.
LE CHEVALIER
Bon! vous rêvez cela.
M™ ARGANTE
Non : je vous dis qu'il m'aime.
Si vous ne m'en croyez , demande-le à lui-même. Il borne tous ses vœux à se voir mon époux, Me le dit, me le jure.
LE CHEVALIER
Il se moque de vous.
M"* ARGANTE
Allons , avouez donc ce que Monsieur ignore.
Que faut-il avouer?
M"* ARGANTE
Que votre cœur m'adore , Et que vous me trouvez de si charmants appas, Que Vénus, près de moi, ne vous toucheroit pas. ( ait Chevalier. )
Vous allez voir, Monsieur.