‹ Œuvres dramatiques de N. DestouchesChapitre 235 sur 357 · ACTE IV, SCENE VII · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE VII

M™* ARGANTE

Songez au Chevalier.

LE CHEVALIER, à Julie.

Non. Je vous le défends.

M-- ARGANTE

Que vous êtes grossier !

Et pourquoi , s'il vous plaît , ne voulez-vous plus d'elle?

LE CHEVALIER

C'est que j'en veux à vous ; je vous trouve plus belle.

Mme ARGANTE.

Monsieur le Chevalier, dans sa vivacité,

A quelquefois des traits dont on est enchanté.

On me Ta toujours dit.

M"* ARGANTE

Mais soyez le plus sage , Je prétends vous donner Julie en mariage. Nous allons terminer cette affaire aujourd'hui, Et vous me vengerez de ma fille et de lui.

JULIE

Si j'osois dire un mot....

M-* ARGANTE

Vous avez l'impudence!....

DORANTE , à madame Argante.

Je vois que votre cœur se livre à la vengeance , Et que tous mes efforts ne peuvent vous fléchir : Mais de vos dures lois le mien va s'affranchir. Je ne dis plus qu'un mot , songez-y bien , Madame. Vous espérez en vain triompher de ma flamme :

Elle est à toute épreuve, et voire autorité

Ne peut rien sur mon goût, ni sur ma volonté;

Je vous laisse un moment. Croyez , je vous supplie ,

Que mes vœux pour jamais sont fixés à Julie ;

H faut me l'accorder, ou rompre absolument.

J,E CHEVALIER

Pour un irrésolu , c'est parler nettement. Allons, belle maman, concluez; il me semble Qu'il vous parle raison.

Mnie ARGANTE.

Que l'on nous laisse ensemble, U faut que vous et moi nous discutions ceci.

LE CHEVALIER

C'est fort bien avisé. Sortez.

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