MARIANNE, LISETTE
MARIANNE
Je te cherchois, Lisette.
LISETTE
Eh bien ! vous me voyez.
Que voulez-vous ?
MARIANNE
Je viens , par ordre de mon père, Qui veut que je te parle au sujet d'une affaire Sur laquelle, dit-il, tu dois me consulter. De quoi s'agit-il donc?
C'est qu'on vient d'agiter Lequel des deux partis vous convient davantage, ' Ou d'aller au couvent, ou d'entrer en ménage,
MARIANNE
Comment donc! on a mis la chose en question? /
LISETTE
O ui , vraiment Qu'avez-vous ?
MARIANNE
Beaucoup d'émotion; Jç tremble.... Quel parti prétend-on que je prenne?
LISETTE
La chose a demeuré fort long-temps incertaine ; Chacun sur ce sujet pensoit différemment , Et tous deux disputoient avec emportement.
litizadby U(
4io LE MÉDISANT.
MARIANNE
Juste ciel! Et, dis-moi, n'étoit-ce point ma mère Qui parloit de courent?
LISETTE
Non ; c'étoit votre père.
MARIANNE
Je respire. %
J'ignore, à le voir si mutin, Sur quelle herbe Monsieur a marché ce matin : Mais il n'a point encor montré tant de courage. Quand je suis arrivée, il avoit l'avantage; Et, ce qu'on n'a jamais remarqué qu'aujourd'hui, Je l'ai vu sur le point.... d'être maître chez lui. Doit-on jurer de rien après cette aventure?
MARIANNE
Non.
LISETTE
Comme ils souhaitoient cependant de conclure , On m'a prise pour juge, et moi j'ai prononcé.
MARIANNE
Qu'as-tu dit?
LISETTE
Que Monsieur avoit fort bien pensé, I Que le seul nom d'époux vous causoit mille alarmes , Et qu'un couvent pour vous aurait bien plus de charmes.
MARIANNE
| Ah, ciel! tu m'as perdue!
LISETTE
Eh quoi ! que dites- vous?
Seriez-vous disposée à souffrir un époux ?