ACTE III, SCENE VU
VALERE
Tu crois?...
DAMON
Nous sommes seuls ; il faut ne me rien taire. Parle.
VA 1ERE
Sur mon honneur, voilà tout le mystère. Après un tel serment, tu me connais trop bien. Pour croire qu'en ceci je te déguise rien.
DAffdff.
Je me suis donc trompé d'une manière étrange ! Et....
Les mauvais esprits prennent toujours le change.
DAMON
Oui , ta mère en ceci le prenoit comme moi.
VALERE
Elle a pu soupçonner la comtesse?
DAMON
Oui, ma foi; Nous en avons raillé plus de vingt fois ensemble. La Baronne, entre nous, n'est pas ce qu'il te semble; Son maintien réservé n'est qu'affectation , Et malgré tout l'éclat de sa dévotion , Je n'ai jamais connu femme plus médisante. Époux, enfants, amis, parents, surtout la tante, Rien ne peut échapper à ses traits mordicants. Quoique son bien-aimé , souvent à tes dépens Elle se divertit, et se donne carrière.
47a LE MÉDISANT.
VALERE
Que dît-elle de moi?
dàmon. '
Que tu tiens de ton père.
Elle est au désespoir, et se veut bien du mal De t'avoir copié sur cet original.
valere.
Oh ! laissons ce sujet , et parlons d'autre affaire. Sur l'hymen de ma sœur j'ai pressenti ma mère : Elle est très-favorable à notre intention, Et voit avec plaisir ton inclination.
DAMON
Point. Lorsque je lui dis du bien de Marianne, Elle applaudit tout haut, mais son cœur me condamne; Ses discours, ses regards, tout marque son dépit; Et je ne puis jamais adoucir son esprit, Qu'en avouant qu'elle a des restes de jeunesse, Qu'elle mérite encor que pour elle on s'empresse : Elle ajoute à cela que le Baron est vieux , Qu'elle sait un parti qui me conviendroit mieux , Que ta sœur.... En un mot, elle me fait entendre Que son dessein n'est pas de me faire son gendre.
valère.
Mais quand d'autres que toi font demander ma sœur, Elle refuse tout, et même avec aigreur.
DAMODT.
C'est pour dépayser....
VALÈRE
N'en dis pas davantage :
Je ne puis plus souffrir un discours qui l'outrage;