ACTE III, SCENE VIII
Que le ciel !....
VALÈRE
Doucement.
DAMOIf.
Mais....
Demeurons-en là.
Je crains....
DiMOK.
De mes serments Yalère se défie?
VALÈRE
Oui.
DAMON
Si j'y manque , ami ", que je perde la vie. Oui , je vais travailler à réparer le mal Que j'ai fait en suivant un penchant trop fatal.
Marianne.
Allez donc voir mon père, et lui faites connoître Que de vous-même enfin vous vous rendez le maître : A gagner son estime employez vos efforts, Dites-lui le projet qu'en ce moment...
DAMON
Je sors Pour le chercher. Ami , si tes soins me secondent , Doutes-tu qu'à mes vœux les effets ne répondent ? Tu connois bien ton père, et sa facilité Pourroit même passer pour imbécillité.
Oui , par son peu d'esprit et sa foiblesse extrême , Il ne sait jamais prendre un parti de lui-même ; Il veut être mené : pour en venir à bout, Nous prendrons le parti de le flatter sur tout.
La louange est un mets qui le touche et l'enchante; Pour lui la plus grossière est la plus excellente : D'ailleurs, il hait ta mère; en dire un peu de mal, C'est lui faire , à coup sûr, un plaisir sans égal.
VALÈRE
Comment ! Et j'irai , moi , médire de ma mère?
DAMON
Non , je prendrai ce soin.
VALÈRE
L'aimable caractère!
Puisque pour ton bonheur nos soins sont superflus, Fais ce que tu voudras, je ne m'en mêle plus.
DÀMON.
J'ai tort; mais prescris-moi ce qu'il faut que je fasse.
(à Marianne.)
Il fuit sans m'écouter. Ah! permettez, de grâce, Que je suive ses pas pour calmer son courroux.