SCÈNE VIII. MARIANNE, DAMON, VALÈRE
MàRÏÀNNE.
Qu' avez-vous fait , Damort ? Quelle est votre imprudence ? On se plaint en tous lieux de votre médisance ; Tous nos meilleurs amis , et les vôtres aussi , Déchaînés contre vous, viennent en foule ici,
Et font tous leurs efforts pour vous en faire exclure.
Croyant que notre hymen est près de se conclure ,
Richesource , offensé des discours d'aujourd'hui ,
Fait agir ses parents offensés comme lui :
Ils sont puissants; ma mère en est intimidée,
Et pourroit , à la fin , être persuadée.
Mon père, qui tantôt n'osoit lui résister, .
Prétend de son dessein la foire désister ; 1
Et si vous n'obtenez au plus tôt son suffrage,/
Il pourra mettre obstacle à notre mariage. \
VA LE RE
Voilà ce qu'ont produit tes bons mots et tes traits.
DAMOF, après avoir rêvé.
Je veux être écrasé , si je médis jamais.
VALLEE
Ne fois point de serment, l'effort est trop pénible; Promets-nous seulement d'y foire ton possible.
DAHOIT.
Mon possible! Oh ! parbleu , je vous réponds de moi. Je ferois encor plus pour vous donner ma foi, Madame, et je connois par cette expérience, Quels inconvénients produit la médisance : Tout ce qu'on m'a prédit n'est que trop confirmé ; Je suis las d'être craint , et je veux être aimé.
VALÉRE
Il ne tiendra qu'à toi , si tu tiens ta promesse.
MARIANNE
j C'est le plus sûr moyen de gagner ma tendresse.
^ DAMON
Et je pourrais encor médire après cela ?