‹ Œuvres dramatiques de N. DestouchesChapitre 315 sur 357 · SCÈNE VIII. MARIANNE, DAMON, VALÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII. MARIANNE, DAMON, VALÈRE

MàRÏÀNNE.

Qu' avez-vous fait , Damort ? Quelle est votre imprudence ? On se plaint en tous lieux de votre médisance ; Tous nos meilleurs amis , et les vôtres aussi , Déchaînés contre vous, viennent en foule ici,

Et font tous leurs efforts pour vous en faire exclure.

Croyant que notre hymen est près de se conclure ,

Richesource , offensé des discours d'aujourd'hui ,

Fait agir ses parents offensés comme lui :

Ils sont puissants; ma mère en est intimidée,

Et pourroit , à la fin , être persuadée.

Mon père, qui tantôt n'osoit lui résister, .

Prétend de son dessein la foire désister ; 1

Et si vous n'obtenez au plus tôt son suffrage,/

Il pourra mettre obstacle à notre mariage. \

VA LE RE

Voilà ce qu'ont produit tes bons mots et tes traits.

DAMOF, après avoir rêvé.

Je veux être écrasé , si je médis jamais.

VALLEE

Ne fois point de serment, l'effort est trop pénible; Promets-nous seulement d'y foire ton possible.

DAHOIT.

Mon possible! Oh ! parbleu , je vous réponds de moi. Je ferois encor plus pour vous donner ma foi, Madame, et je connois par cette expérience, Quels inconvénients produit la médisance : Tout ce qu'on m'a prédit n'est que trop confirmé ; Je suis las d'être craint , et je veux être aimé.

VALÉRE

Il ne tiendra qu'à toi , si tu tiens ta promesse.

MARIANNE

j C'est le plus sûr moyen de gagner ma tendresse.

^ DAMON

Et je pourrais encor médire après cela ?

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