‹ Œuvres dramatiques de N. DestouchesChapitre 325 sur 357 · LÉANDRE, VALÈRE · texte numérisé non relu

LÉANDRE, VALÈRE

VAL ÈRE entre en rêvant.

J'ai pu lui pardonner ! Ah ! je dois en rougir !

LEANDRE, sans le voir.

A Marianne , enfin , je puis me découvrir

Sans que l'on me connaisse; et toute ma ressource....

V A L È R E aperçoit Léandre.

Que cherchez-vous ici ?

LÉANDRE

Monsieur de Richesource, Mon maître. »

VALERE

Comment donc! vous êtes son valet?

LÉANDRE

Oui, Monsieur.

VALÈRE

Je vous plains.

LÉANDRE

C'est sans aucun sujet.

Quoi que la servitude ait de désagréable , Elle n'a rien chez lui qui ne soit supportable.

VALÈRE

Rarement de son maître un valet parle ainsi ; Votre réponse veut que je m'explique ici. Je ne vous ai pas plaint de servir un tel maître : Mais je plains votre état ; et, sans trop vous connoître,

:i9o LE MÉDISANT.

Par votre air, vos discours, je juge tout d'abord

Que vous mériteriez, sans doute, un meilleur sort.

LEANDRE

Vous m'honorez beaucoup. En effet, je puis dire Que je n'étois pas né pour servir ; j'en soupire : Mais peut-être qu'un jour je serai plus heureux , Et que l'amour aussi comblera tous vos vœux ; Vous aimez Isabelle , Isabelle vous aime.

VALERE

Comment le savez-vous ?

LEAIfDRE.

Je le sais d'elle-même , i Ou du moins de son frère ; et cette aimable sœur jf Vient de lui confier le secret de son cœur. Je vous dirai bien plus.

VALERE

Quoi donc ?

LÉANDRE

C'est qu'Isabelle Âvoit cru qu'aujourd'hui vous viendriez chez elle.

VALERE

Ah! faut-il qu'un ami !...

Je vois votre embarras :

Vous ménagez Damon ; il ne mérite pas Que pour lui vous fuyiez une aimable maîtresse, Digne objet de vos soins et de votre tendresse.

valère.

Je vais lui protester....

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