‹ Œuvres dramatiques de N. DestouchesChapitre 338 sur 357 · LE BARON, LE MARQUIS · texte numérisé non relu

LE BARON, LE MARQUIS

LE BAKOIT.

ooiQtm nous ne puissions encor bien nous connoître,

Et que notre amitié ne fasse que de naître , Je vous dirai pourtant qu'en cette occasion Vous marquez trop de crainte et trop d'affliction.

LE MARQUIS

Tuis-je trop m'afHiger, lorsque je considère Que ma dureté seule a causé ma misère , Et le malheur d'un fils, qui méritoit d'avoir Un père qui sût mieux user de son pouvoir ? Ah ! j'ai trop mérité la douleur qui m'accable ; U aimoit votre fille autant qu'elle est aimable; Pour vaincre, pour forcer son inclination, J'ai tout fait, tout tenté. Vaine précaution! t\ [Il m'a trompé; mais loin de blâmer sa conduite, ' Je conviens qu'il me rend les maux que je mérite.

LE BARON

J'espère que bientôt vous en verrez la fin.

LE MARQUIS

Puisqu'il n'est point céans , vous l'espérez en vain : A d'éternels regrets sa fuite me condamne.

, ACTE V, SCENE I. 5og

LE BARON

Je vais sur ce sujet parler à Marianne;

Elle sait que ma femme a fait choix de Damon ,

Et veut le soutenir contre droit et raison :

Ce motif a pu seul l'engager au silence;

Et Léandre, d'ailleurs, craignant votre vengeance,

A pu Tenir céans, et se cacher si bien , I

Qu'ils se soient vus tous deux, sans qu'on en ait su rien A

LE MARQUIS

Plût au ciel!

LE BARON

Je m'en vais éclaircir ce mystère.

Pour en vejur à bout, je sais ce qu'il faut faire.

LE MARQUIS

Moi , je vais un moment rejoindre Lysimon , Nous reviendrons ensemble.

LE BARON

Allez.

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