LE BARON, LE MARQUIS
LE BAKOIT.
ooiQtm nous ne puissions encor bien nous connoître,
Et que notre amitié ne fasse que de naître , Je vous dirai pourtant qu'en cette occasion Vous marquez trop de crainte et trop d'affliction.
LE MARQUIS
Tuis-je trop m'afHiger, lorsque je considère Que ma dureté seule a causé ma misère , Et le malheur d'un fils, qui méritoit d'avoir Un père qui sût mieux user de son pouvoir ? Ah ! j'ai trop mérité la douleur qui m'accable ; U aimoit votre fille autant qu'elle est aimable; Pour vaincre, pour forcer son inclination, J'ai tout fait, tout tenté. Vaine précaution! t\ [Il m'a trompé; mais loin de blâmer sa conduite, ' Je conviens qu'il me rend les maux que je mérite.
LE BARON
J'espère que bientôt vous en verrez la fin.
LE MARQUIS
Puisqu'il n'est point céans , vous l'espérez en vain : A d'éternels regrets sa fuite me condamne.
, ACTE V, SCENE I. 5og
LE BARON
Je vais sur ce sujet parler à Marianne;
Elle sait que ma femme a fait choix de Damon ,
Et veut le soutenir contre droit et raison :
Ce motif a pu seul l'engager au silence;
Et Léandre, d'ailleurs, craignant votre vengeance,
A pu Tenir céans, et se cacher si bien , I
Qu'ils se soient vus tous deux, sans qu'on en ait su rien A
LE MARQUIS
Plût au ciel!
LE BARON
Je m'en vais éclaircir ce mystère.
Pour en vejur à bout, je sais ce qu'il faut faire.
LE MARQUIS
Moi , je vais un moment rejoindre Lysimon , Nous reviendrons ensemble.
LE BARON
Allez.