ACTE V, SCENE IL 5n
(haut.)
Finissez votre éloge.
DAMON
Oh ! je ne puis sans cesse Me priver du plaisir d'encenser vos vertus.
LE BARON
Vous vous êtes bien tard avisé là-dessus.
DAM ON
C'est que....
LE BAROJf.
Je sais fort bien que vous aimez ma fille. Vous avefc, jusqu'ici, ménagé ma famille; À ma femme , surtout, vous faites votre cour ; Vous ne m'avez pas dit un mot jusqu'à ce jour.
DAMOW.
Je craignois d'offenser madame la Baronne.
LB BAROV.
Comment donc ! l'offenser ?
DAMOlf.
O l'étrange personne ! Veut-on marquer pour vous quelque ménagement, C'est vouloir s'exposer à son ressentiment; Vous lui laissez ici l'autorité supréttoe , On cherche son appui , Marnez-vous-en vous-même.
LB BAlOW.
Il a parbleu raison. Je suis un pauvre esprit
DAMOTT.
C'est ce qu'à tout moment la Baronne me dît.
LB BAROJT.
L'insolente !
5ia LE MÉDISANT.
DÀMOÎC.
Après tout , est-il rien plus infâme Que d'être absolument gouverné par sa femme? C'est Tunique défaut que je voyois en vous. J'en ai gémi cent fois. Il me sera plus doux De tenir mon bonheur d'un homme respectable, Monsieur, que d'une fetnme aussi déraisonnable.
LE BAROIC.
Vous la connoissez bien.
DAMON
Si je la connois, moi!
Voulez-vous que je parle ici de bonne foi?
LE BAROIT.
Vous me ferez plaisir.
DAÎÎO*.
f entrevois avec peine Jusques où va pour vous son mépris et sa haine! A toute heure du jour elle médit de vous. Cela me met souvent dans un si grand courroux....
LE BARON
C'est un diable.
DAMON
Il est vrai. Je lui faisois entendre Qu'il falloit votre aveu pour être votre gendre; Son orgueil fut si bien piqué de ce discours, Que nous filmes brouillés pendant deux ou trois jours; Et je ne pus jamais finir notre querelle, Qu'en avouant tout net que vous dépendiez d'elle; Bien résolu pourtant de ne conclure point , Si je n'obtenois pas votre aveu sur ce point.