‹ Œuvres dramatiques de N. DestouchesChapitre 44 sur 357 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

JULIE, NÉRINE

NÉRIHE.

Hé bien ! qu'en pensez- vous? Sur de telles affaires Voilà, sans contredit, des gens bien débonnaires. A ce qui nous regarde on prend peu d'intérêt.

Un procédé si froid m'offense et me déplaît : U nous croît, en tenant une telle conduite, Moi sans ressentiment, et Damon sans mérite.

NÉRItfE.

Et Lolive croit-il qu'un, amour excessif Empêchera mon cœur d'être vindicatif?

Vous traitez nos avis de pure bagatelle. Oh bien L..

JULIE

Pour des amants la méthode est nouvelle. narine.

S'ils étoient nos maris encore , ils feroient bien ; C'est Tordre, tout savoir, tout voir sans dire rien, Se contraindre à propos, dissimuler l'offense: Mais d'amants à maris, grande est la différence. U faut qu'un tendre amant soit inquiet , jaloux : Un regard innocent doit le mettre en courroux : Une mouche qui vole autour de sa maîtresse ; Un épagneul qu'elle aime , et qui lui fait caresse ; Un petit perroquet, qui, prenant sa leçon, Lui dit : Baisez y baisez , dans son petit jargon ;

Père, mère, ou cousin, ou fr^re qu'elle embrasse; Un homme indifférent reçu de bonne grâce , Un excès d'enjoûment , un air un peu chagrin , Un discours sérieux , un langage badin , Une chimère, un geste, un rien, une migraine, Tout intrigue un amant, et le tient en haleine.

Sur ce pied-là , Nérine , on nous arme bien peu.

NE RI NE

Je le sens comme vous : nos gens n'ont point pris feu ; Et vous m'en voyez, moi , toute scandalisée; Il est fort mal plaisant d'être ainsi méprisée. Mais Damon vient à nous.

7ULI*.

Tâchons de l'éviter.

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