ACTE III, SCENE JULIE, à Damon
Votre importunitéW fatigue et m'outrage;
JURISTE, àCmpin.
Mon courroux contre toi s'irrite et devient rage.
CRISPIN
Il est donc à propos de te parler de loin.
DAMON
Madame !
JULIE
Vous prenez un inutile soin.
CRISPIN
Il faut avoir le cœur bien dur et bien arabe.
damon.
Je ne dirai qu'un mot.
CRISPIN
Et moi , qu'une syllabe.
KÉRJNE.
Ce ne sera pas là de quoi nous ennuyer. Ecoutons-les , Madame.
JULIE
Oses-tu m'en prier?
Sûres de ne fâcher Lolive ni Léandre,
Le grand malheur au fond, pourquoi nous en défendre?
DAMON
L'aveu de mon amour vous a tantôt déplu , A m éloigner de vous je m'étois résolu ; Et, quoique pénétré de la plus vive flamme, Ce valet peut vous dire... .
CRISPIN
Oui, nous partions, Madame; Outré de vos refus , moi piqué d'un soufflet , Même dépit chassoit le maître et le valet , Et nous allions tous deux au fond de la Champagne , Attendre le printemps pour rentrer en campagne.
OAMON.
Madame, de mes feux par moi-même éclairci , C'est Léandre....
JULIE
Comment?
DAMOK.
Qui me retient ici.
JULIE
Léandre est informé par vous....
DAMOBT.
De ma tendresse, Et son cœur généreux excuse ma foiblesse ; Il me plaint, me console , et sa tendre amitié, De l'état où je suis lui fait avoir pitié.
NÉRINE
Vous avez un amant bien tendre et pitoyable.
GRISPIIT.
Lolive en fait de même , ou je me donne au diable.
DAMON
Ah ! lorsque je vous ai découvert mon amour, Madame, ai-je compté sur le moindre retour? L'avez-vous cru ? Forcé de rompre le silence , Je n'ai point soupçonné votre cœur d'inconstance. Est-ce un crime d'aimer , d'adorer vos appas ,