SCÈNE V
JULIE, NÉRINE
NÉRINE
Enfin vous le voyez, chacun est étonné Que votre hymen encor ne soit pas terminé. Quel étrange amoureux que votre beau Léandre ! C'est lui qui doit presser, c'est lui qui fait attendre; Et depuis plus d'un mois que cet amant chéri Vous est, par bon contrat, engagé pour mari; Lorsque rien ne s'oppose à votre mariage , Il ne profite point d'un pareil avantage ! Qu'attend-il, s'il vous plaît? Je vous dis, en un mot, Qu'un amant qui diffère est infidèle ou sot.
JULIE
Il m'a dit ses raisons , dont je t'ai fait mystère.
NARINE
En êtes-vous contente?
JULIE
Oui.
NÉRINE
Je dois donc me taire, Et croire , après cela, que Léandre fait bien ; Quoique j'en doute fort, je ne réplique rien. En tout ceci pourtant je suis intéressée, Et de conclure , moi , je suis un peu pressée. Le maître est votre amant , le valet a ma foi ; Le délai vous convient; il me déplaît, à moi.