ACTE IV, SCENE XI
JULIE
U vous en a prié, Lëandre ?
DAMON
Avec instance.
NÉRINE
Autre incident nouveau.
Je me perds , plus j'y pense.
Ah ! c'en est trop ; je sens de moment en moment Augmenter ma colère et mon étonnement
NÉRINE
Qui ne seroit surpris d'une telle sottise? Il a perdu l'esprit, ou bien il vous méprise.
JULIE
Ou folie, ou mépris , tout est égal pour moi ; L'un et l'autre m'oblige à dégager ma foi ; f *
Et s'il est vrai , Damon , qu'un amant téméraire, . Soigneux de m'oflenser, et sûr de me déplaire ? A cet excès d'outrage ait osé se porter....
DAMON
Mon cœur de quelque espoir pourra-t-il se flatter?.
JULIE
Le mien , qu'en ce moment agite un trouble extrême , De ce qu'il doit sentir n'est pas bien sûr lui-même \ Mais il faut que mon père , instruit de tout ceci.»..
DAMON
Madame, permettez que je lui parle aussi. Dans l'instant que par vous il apprendra l'offense , t Vous me verrez m'offrir pour hâter sa vengeance. • Rû*-je, de votre aveu, lui demander le sien?
ioo LE CtTRIEUX IMPERTINENT.
Souffrez que là-dessus je ne vous dise rien.
(Elle sort.)
DiMOIT.
Nérine ?
NÉRlfrE.
J'entends bien, Monsieur, làissez-moi faire: J'aigrirai comme il faut, et la fille , et le père»
DAMON
J'attends tout mon bonheur d'un secours si puissant ; Toi , Nérine, attends tout d'un cœur reconnoissant.