ACTE I, SCENE III. ia
Qu'il est jeune , bien fait , qu'il a l'œil tendre et doux. Je voudrois bien l'aimer, me le permettez- vous ?
( Elle (ait la révérence. )
0 le beau compliment d'une fille à son père ! De votre temps, Monsieur; étoit-ce la manière? % Je ne sais si Ton fait aujourd'hui bien ou mal ; Mais nous n'observons plus ce cérémonial.
GÉRONTE
Enfin, malgré mes dents, il faut que je me taise, Chienne! pour te laisser jaser tout à ton dise. Prends bien garde, à la fin , de te faire chasser.
LISETTE
Je vous parle raison, pourquoi vous offenser? H'avez-vous pas promis de ne la point contraindre ?
GÉROtfTE.
Va, si je Fai promis , c'est que je voulois feindre.
LISETTE
Mais qui voulez-vous donc lui donner pour époux?
GÉRONTE
Damis.
ISABELLE
Ah, ciel !
Damis! Vous vous moquez de nous.
En conscience, là, croyez-vous être sage?
GÊRONTE.
Oui. Je veux dès demain faire ce mariage.
(à Isabelle.)
Si vous n'obéissez, un couvent, dans trois jours,
Vous fera repentir de vos folles amours.
( Il sort. )
i3o L'INGRAT.