‹ Œuvres dramatiques de Schiller. Traduction de M. de Barante, précédée d'une notice biographique et littéraire sur SchillerChapitre 126 sur 637 · IX FEMME · texte numérisé non relu

IX FEMME

Sois tranquille, Miller. Combien de bons écus nous ont seulement valu les présens! ..

MILLER revient, et se place devant elle.

Le prix du sang de ma fille? va-t'en au diable, infâme entremetteuse! J'aimerais mieux aller demander l'aumône avec mon violon, et donner des concerts dans la rue pour un morceau de pain... j'aimerais mieux briser ma basse, ou la remplir de fumier, que de me laisser amadouer par de l'argent gagné a* prix de i'àme de mon unique enfant et de sa félicité. Jette-moi là ton maudit café et t«n tabac, et tu n'auras pas besoin de menar au marché le visage de ta fille. J'avais de quoi dîner mon soûl, et je portais une bonne chemise sur le corps, avant qu'un malheureux damoiseau eût pris goût à mon poêle.

h\ FE.MME.

Ne casse pas les vitres. Te voilà à présent jetant feu et flammes. Je dis seulement qu'on ne doit pas dégoûter monsieur le major, car il est le fils du Président.

MILLER

Voilà où gU le lièvre : c'est justement pour cela que la chose doit finir aujourd'hui; le Président m'en aura obligation, si c'est un père raisonnable. Tu me brosseras mon habit de peluche roug?, et je me ferai annoncer chez son excellence. Je dirai à son excellence: «Monsieur, votre fil» a jeté les yeux sur ma fille; ma fille est de trop bas.se condition pour être la femme de monsieur votre fils; mais ma fille m'est trop chère pour devenir la maîtresse de monsieur votre fils; et par conséquent... je m'appelle Miller. »

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