‹ Œuvres dramatiques de Schiller. Traduction de M. de Barante, précédée d'une notice biographique et littéraire sur SchillerChapitre 153 sur 637 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

LOUISE est assise dans un coin obscur de la chambre, sans parole et sans mouvement, la tête appuyée sur sa main. Après un long silence, MILLER entre avec une lanterne sourde, regarde avec anxiété dans toute la chambre sans apercevoir Louise; il pose ensuite sa lanterne et son chapeau sur une table.

MILLER

Elle n'«st pas ici non plus... par ici... J'ai parcouru toutes les rues ; je suis allé chez toutes nos connaissances; je me suis informé à toutes les portes... on n'a vu nulle part ma pauvre enfant. ( Après un moment de silence. ) Patience, pauvre malheureux père! attends jusqu'à demain matin... peut-être trouvera-t-on alors ton unique trésor flottant sur le rivage. — Mon Dieu ! mon Dieu!... aurais-je attaché mon cœur à cette fille plus que tu ne le veux? La punition serait dure.

bien dure, Père tout-puissant ! Je ne veux pas murmurer, Père tout-puissant ; mais la punition est dure.

Il se jette avec désespoir sur une chaise. LOUISE, sans bouger de sa place.

Tu fais bien, pauvre vieillard ! accoutume-toi peu à peu à souffrir encore.

MILLER, s'élançant vers elle.

Tu es là, mon enfant? c'est toi? Mais pourquoi seule, et sans lumière ?

LOUISE

Je ne suis pas seule : quand tout est obscur autour de moi , je me livre à l'entretien qui me convient le mieux.

MILLER

Dieu te soit en aide ! il n'y a que le serpent de la conscience qui veille avec les oiseaux de la nuit ; il n'y a que le péché et le mauvais esprit qui abhorrent la lumière.

TMKATHE

i.oiisr..

L'élcrnit(» aussi, mon père, parle aux âmes (inns In solitude.

Page 1