MO\EL
Duc, si les paroles pompeuses prouvaient les actions, vous auriez conquis la France à vous seul.
LE DUC
Vous êtes irrités de ce qu'Orléans vous échappe, et vous tournez votre dépit contre moi, contre votre allié; cependant si nous perdons Orléans, n'est-ce pas votre avidité qui en est la cause? La ville était prête à se rendre à moi, mais vous et votre jalousie l'avez empêché.
TALBOT
Ce n'était pas pour vous que nous l'assiégions.
LE DUC
Et si j'emmenais mon armée, cela vous serait indifférent sans doute?
LIONEL
Tout autant, croyez-moi, <iue lorsqu'à Azin court nous eûmes à combattre et vous et toute France.
LE DUC
Cependant mon alliance vous parut nécessaire, et votre régent l'a achetée chèrement.
TaLBOT.
Oui. chèrement, et aujourd'hui plus chèrement,
LA PUCELLE D'OULÉANS
encore, car nous l'avons payée de notre honneur devant Orléans.
LE DOC
N'en dites pas davantage, seigneur Talbot, il pourrait vous en repentir. J'ai abandonné la bannière de mon légitime souverain ; j'ai chargé ma lète du nom de parjure, pour me voir ainsi traiter par des étrangers!,.. Que fais-je ici, et pourquoi combattre la France? Puisque je suis destiné à servir des ingrats, je préfère obéir à mon roi véritable.
TALBOT
Vous négociez avec le dauphin, nous le savons ; mais nous trouverons un moyen de nous garantir de la trahison.
LE DUC
Par la mort et l'enfer ! on ose ainsi me parler! r.hâtillon, faites préparer mes troupes pour le délinrt, nous retournons dans nos provinces.
Ghàtillon s'éloigne.
LIONEL
Je vous souhaite un heureux retour. Jamais la j gloire de l'Anglais n'éclate plus que lorsque , se fiant à son épée seulement, il combat sans auxiliaire. Chacun doit défendre sa propre cause; toujours il en a été ainsi. Jamais l'Anglais et le français ne pourront sincèrement unir leurs cœurs.
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