SCÈNE JIL LE DUC, TALBOT, LIONEL
TALBOT
Est-ce là une femme ?
LIONEL
Maintenant, chevaliers, quel est votre avis ? Continuerons-nous notre retraite, ou retournerons-nous effacer promptement l'affront d'aujourd'hui par un combat audacieux?
LE DUC
Nous sommes affaiblis, les troupes sont dispersées. L'armée est encore frappée d'une ter- ^*~reur trop récente.
P TALBOT
Une crainte aveugle, la rapide impression d'un moment, est la seule cause de notre défaite. Examinés de plus près, les fantômes d'une imagination effrayée s'évanouiront par les réflexions de la nuit. Mon avis est donc qu'au point du jour nous ramenions l'armée au bord du fleuve pour tombattre.
LE DUC
Réfléchissons-y.
LIONEL
Avec votre permission, il n'y a pas à réfléchir ; nous devons promptement réparer notre désastre, ou en subir la honte pour toujours.
TALBOT
Cela est résolu , demain nous combattrons. Les illusions de la peur, qui aveuglaient et énervaient nos soldats, se dissiperont, et nous pourrons lutter corps à corps avec ce démon qui a revêtu la forme d'une jeune fille. Si elle se trouve à portée de mon épée , croyez qu'elle nous aura nui pour la dernière fois ; si je ne puis la rencontrer, c'est qu'elle évitera le combat, et alors l'armée sera désabusée.
LIONEL
Ainsi soit. Chevaliers, confiez-moi un combat facile, et qui ne répandra pas de sang ; si je trouve le fantôme encore vivant, je veux, sous les yeux du bâtard, je veux, dans ses bras, enlever ses amours et les conduire dans le camp anglais pour divertir nos soldats.