SCÈNE VL
Le fond du théâtre s'ouvre. On voit le camp aes Anglais en proie aux flammes; on entend les tambours. On aperçoit des fuyards et ceux qui les poursuivent. Après un moment, Montgomery arrive.
MONTGOMERY, seul.
Oh dois-je fuir? L'ennemi et la mort nous environnent : là notre chef irrité nous Terme de sa menaçante épée le chemin de la fuite, et nous repousse vers la mort ; ici une femme aussi terrible, aussi impitoyble que l'ardeur des flammes, nous poursuit. Je n'aperçois aucune caverne, aucun buisson qui puisse m'offrir un asile. Oh ! pourquoi ai-je traversé la mer pour venir en cette contrée? Ah! malheureux, une vaine présomption m'a engagé à venir acquérir en France une gloire facile, et maintenant le sort implacable me conduit dans cette sanglante mêlée. Ah! que ne suis je loin d'ici, sur les bords fleuris de la Saverne, dans la tranquille maison de mon père, où j'ai laissé dans le chagrin ma mère et ma douce et tendre fiancée! (Jeanne paraît dans le fond du théâtre. ) Malheur à moi ! que vois-je venir? C'est la terrible guerrière! je distingue le sombre éclat de ses armes au milieu des flammes éclatantes, ainsi qu'on voit un esprit nocturne se montrer à travers la lueur ardente des portes de l'enfer. Où fuir? Elle a fixé sur moi ses yeux enflammés, et déjà je me sens saisi, je suis enchaîné par les regards qu'elle lance sur moi! L'enchantement retient plus fortement mes pas à chaque instant, el 1 me rend la fuite impossible ; quoique mon cœur s'y oppose avec force, ma vue ne peut se détourner de ce fantôme de la mort. {Jeanne fait quelques pas vers lui, puis s'arrête un peu en arrière.) Elle approche! je ne veux pas attendre qu'elle vienne à moi la première, je vais en suppliant embrasser ses genoux et lui demander la vie ; elle est femme, peut-être mes larmes parviendront à l'attendrir.
Pendant qu'il marche pour l'aborder , elle vient à lui furieuse.
/vvvv\vvw\wwwwwv\vvwvvwtvv\vv\vvv\v\vv\xv\\vv\vvw\\\