‹ Œuvres dramatiques de Schiller. Traduction de M. de Barante, précédée d'une notice biographique et littéraire sur SchillerChapitre 216 sur 637 · LOUISE, MARGUERITE , CLAUDE-MARIE, BERTRAND · texte numérisé non relu

LOUISE, MARGUERITE , CLAUDE-MARIE, BERTRAND

KARGUERITE.

As-tu vu notre sœur?

CLAUDE-MARIE

Celle qui portait une armure d'or et marchait devant le roi avec sa bannière?

MAROUERITE.

C'était elle, c'était Jeanne, notre sœur.

LOUISE

Elle ne nous a pas reconnues; son cœur ne lui

pas fait deviner que ses sœurs étaient près

d'elle : elle regardait la terre et paraissait pâle

et tremblante sous sa bannière. Je ne puis être

joyeuse de l'avoir vue.

MARGUERITE

Ainsi j'ai vu notre sœur nu milieu d'une pompe brillante. Qui aurait pu, môme dans un songe, prévoir et penser que celle qui gardait ses troupeaux sur notre montagne brillerait un jour d'un tel éclat?

LOUISE

Le songe de mon père est accompli. Nous nous sommes prosternées à Reims devant notre sœur; voici l'église qu'il avait vue dans son sommeil : /6 rére est accompli. Mais mon père eut ensuito

THÉÂTRE DE SCHILLER

une vision funeste. Hélas ! je suis attristée d'avoir vu la grandeur de Jeanne.

BERTRAND

Pourquoi rester ici? Entrons dans l'église pour voir la cérémonie.

MARGUERITE

Oui, entrons ; peut-être verrons-nous encore ma sœur.

LOUISE

Nous l'avons vue ; retournons à notre village.

MARGUERITE

Quoi! avant de l'avoir abordée, avant de lui avoir parlé?

LOUISE

Nous ne lui sommes plus rien ; sa place est parmi les rois et les princes. Qui sommes-nous, nous qui nous pressons, pour vouloir, dans notre vanité, prendre part à son triomphe? déjà elle nous était étrangère quand autrefois elle vivait avec nous.

MARGUERITE

Pourrait-elle rougir de nous et nous désavouer ?

BERTRAND

Le roi lui-même ne rougit pas de nous : il salue amicalement les moindres de ses sujets. Elle peut être élevée bien haut, mais le roi est plus qu'elle.

hd son des trompettes et des timbales retentit dans l'église.

CLAUDE-MARIE

Entrons dans l'église.

Ils se retirent au fond du théâtre, et se perdent dans la foule.

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