LOUISE, MARGUERITE , CLAUDE-MARIE, BERTRAND
KARGUERITE.
As-tu vu notre sœur?
CLAUDE-MARIE
Celle qui portait une armure d'or et marchait devant le roi avec sa bannière?
MAROUERITE.
C'était elle, c'était Jeanne, notre sœur.
LOUISE
Elle ne nous a pas reconnues; son cœur ne lui
pas fait deviner que ses sœurs étaient près
d'elle : elle regardait la terre et paraissait pâle
et tremblante sous sa bannière. Je ne puis être
joyeuse de l'avoir vue.
MARGUERITE
Ainsi j'ai vu notre sœur nu milieu d'une pompe brillante. Qui aurait pu, môme dans un songe, prévoir et penser que celle qui gardait ses troupeaux sur notre montagne brillerait un jour d'un tel éclat?
LOUISE
Le songe de mon père est accompli. Nous nous sommes prosternées à Reims devant notre sœur; voici l'église qu'il avait vue dans son sommeil : /6 rére est accompli. Mais mon père eut ensuito
THÉÂTRE DE SCHILLER
une vision funeste. Hélas ! je suis attristée d'avoir vu la grandeur de Jeanne.
BERTRAND
Pourquoi rester ici? Entrons dans l'église pour voir la cérémonie.
MARGUERITE
Oui, entrons ; peut-être verrons-nous encore ma sœur.
LOUISE
Nous l'avons vue ; retournons à notre village.
MARGUERITE
Quoi! avant de l'avoir abordée, avant de lui avoir parlé?
LOUISE
Nous ne lui sommes plus rien ; sa place est parmi les rois et les princes. Qui sommes-nous, nous qui nous pressons, pour vouloir, dans notre vanité, prendre part à son triomphe? déjà elle nous était étrangère quand autrefois elle vivait avec nous.
MARGUERITE
Pourrait-elle rougir de nous et nous désavouer ?
BERTRAND
Le roi lui-même ne rougit pas de nous : il salue amicalement les moindres de ses sujets. Elle peut être élevée bien haut, mais le roi est plus qu'elle.
hd son des trompettes et des timbales retentit dans l'église.
CLAUDE-MARIE
Entrons dans l'église.
Ils se retirent au fond du théâtre, et se perdent dans la foule.
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