‹ Œuvres dramatiques de Schiller. Traduction de M. de Barante, précédée d'une notice biographique et littéraire sur SchillerChapitre 223 sur 637 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

UN CHARBONNIER et SA FEMME.

LE CHAKBONNIER.

La tempête est épouvantable! le ciel se répand en ruisseaux de feu, et au milieu du jour la nuit est devenue assez obscure pour qu'on puisse voir les étoiles. L'orage rugit comme l'enfer déchaîné; les vieux chênes courbent leurs têtes et se brisent; et cette guerre terrible du ciel contre la terre, qui abat la férocité des animaux les plus sauvages, qui leur fait chercher un asile dans leurs retraites, ne saurait rétablir la paix pour un instant entre les hommes! Le bruit du canon se mêle aux mugissemcns du vent et de la tempête. Les deux armées sont si rapprochées que la forêt seulement les sépare, et chaque moment peut y amener un horrible carnage.

LA FEMME

Dieu nous assiste, mais les ennemis étaient déjà complètement défaits et battus; d'oi!i vient qu'ils nous pressent encore?

LE CHARBONNIER

C'est qu'ils ne craignent plus notre roi. Depuis qu'on a reconnu à Reims que la Pucelle était une sorcière, depuis que le démon ne nous prête plus ton secours, rien ne prospère plus.

LA FEMME

Écoutons ; quelqu'un approche.

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