‹ Œuvres dramatiques de Schiller. Traduction de M. de Barante, précédée d'une notice biographique et littéraire sur SchillerChapitre 235 sur 637 · ISABELLE , SOLDATS · texte numérisé non relu

ISABELLE , SOLDATS

ISABELLE, après un long silence.

Eh quoi ! est ce un songe? où a-t-elle fui? comment a-t-elle rompu ces lourdes chaînes ? Je ne pourrais le croire si tout l'univers l'attestait; mais cependant je l'ai vu de mes yeux.

LE SOLDAT, sur la plate-forme.

Comment! a-t-elle donc des ailes? Un tourbillon rapide l'a-t-il transportée ?

ISABELLE

Parle; serait-elle hors de la tour?

LE SOLDAT

Elle combat déjà au milieu de la mêlée ; sa course est plus rapide que ma vue. Maintenant ici, à présent sur un autre point, il semble qu'elle soit partout à la fois ; elle fend la presse ; tout disparaît devant elle. Les Français s'arrêtent; leurs bataillons se reforment de nouveau. Malheur à nous! Que vois-je? nos soldats jettent leurs armes, nos bannières sont renversées

Quoi 1 nous arrachera-t-elle une victoire déjà assurée?

LE SOLDAT

Elle pénètre au lieu où est le roi ; elle est parvenue jusqu'à lui ; elle le retire du milieu des combattans. Lord Falstolf succombe; notre général est saisi par les ennemis.

ISABELLE

Descends, je ne veux pas en entendre davantage.

LE SOLDAT

Fuyez, reine ; vous pourriez être surprise ; Icf soldats s'approchent de la tour.

LA PUGELLE D'ORLÉANS

ISABELLE, tirant son épée.

Combattez, lâches!

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