SCÈNE TI
Les PaicÉDENS , PAULET.
PAULET
Eh bien! madame, étes-vous enGn contente de moi ? Ai-je une fois mérité votre reconnaissance?
MARIE
Quoil chevalier, serait-ce vous qui m'auriez obtenu cette faveur? Serait-ce vous?
PAULET
Pourquoi ne serait-ce pas moi? Je suis allé à la cour, et j'ai remis votre lettre.
MARIE
Vous l'avez remise? Réellement vous l'auriez fait ainsi? Et celle liberté dont je jouis maintenant est un fruit de ma lettre?
PAUtET.
Et ce ne sera pas le seul ; préparez-vous à en recueillir un plus grand.
MARIE
JJn plus grand, sir Paulet! que voulez- vous dire?
PAULET
- Vous entendez les sons du cor.
MARIE recule avec pressentiment.
Vous m'effrayez.
PAULET
La reine chasse près de ce lieu.
MARIE
Eh bien?
' PAULET
Dans peu d'instans elle paraîtra devant vous.
KENNEDi, courant vers Marie qui, toute trem-
blnnte, semble prête à s'évanouir.
Qu'avez-vous, ma chère maîtresse? vous pâlissez!
Eh quoi! ai-je donc eu tort? N'était-ce pas votre désir? il a été satisfait plus tôt que vous ne le pensiez. Vous, dont la bouche s'exprime si facilement, c'est maintenant que les discours sont de saison, c'est maintenant qu'il convient de parler.
MARIE
Ah! pourquoi ne m'a-t-on pas préparée! maintenant je suis mal rassurée, je ne suis point disposée. Ce que j'ai sollicité comme une suprême faveur, me semble maintenant efiFrayant et terrible. Viens, Anna, reeonduis-moi, que je reprenne des forces et de l'assurance.
PAULET
Demeurez ; il faut l'attendre ici. Je conçois bien que vous ressentiez quelque angoisse de paraître ainsi devant votre juge.
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