‹ Œuvres dramatiques de Schiller. Traduction de M. de Barante, précédée d'une notice biographique et littéraire sur SchillerChapitre 309 sur 637 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Les Précédées, UN SERGENT-MAJOR, UN TROMPETTE, UN HOULAN.

LE TROMPETTE

Que veut ce paysan ? Allons, canaille.

LE PAYSAN

Mon bon monsieur, un morceau de pain et un coup à boire; je n'ai rien à mettre sous la dent aujourd'hui.

LE TROMPETTE

Ça voudrait toujours boire et manger.

LE uouLAN, avec un verre.

Tu n'as pas déjeuné? Eh bien ! viens boire, coquin.

Il le conduit vers les tentes; les autres s'avancent.

LE SERGENT-MAJOR, OU Trompette.

Crois-tu que ce soit sans raison qu'on nous a donné double paye aujourd'hui, et que c'est seulement pour nous faire faire bombance ?

* LE TROMPETTE

La duchesse est arrivée avec sa fille la princesse.

LE SERGENT-MAJOR

Oui, c'est la raison qu'on donne. Mais, vois-tu, toutes ces troupes qui sont venues de loin devant Pilsen, nous voulons les attirer dans nos intérêts en les régalant, en leur donnant de bons morceaux : nous voulons qu'elles se trouvent contentes et qu'elles s'attachent à nous.

LE TROMPETTE

Ah! oui, il y a encore quelque chose sur le tapis.

LE SERGENT-MAJOR

Messieurs les généraux et les commandans...

LE TROMPETTE

Tout ça n'a pas trop bonne façon , je m'en doute.

LE SERGENT-MAJOR

Et toutes ces troupes qui sont entassées ici ?

LE TROMPETTE

On ne leur laissera pas le temps de s'ennuyer.

LE SERGENT-MAJOR

Oui, tous les pourparlers, toutes les allées et venues.

LE TROMPETTE

Oui, oui.

lE SERGENT-MAJOR.

Et celte vieille perruque qui est venue de Vienne, et qu'on voit rôder avec sa chaîne d'or et sa plaque, ça signifie quelque chose, je parie.

LE TROMPETTE

C'est encore un de ces limiers qui épient les trace» du duc ; prenez-y seulement garde.

LE SERGENT-MAJOR

Avei-vous remarqué? ils ne se confient pas à nous; Ils craignent les desseins secrets de Fried- Innd ; II, trouvent qu'il s'est élevé trop haut : ils •ouhaiieralent qu'il lui arrivât malheur

Ï.E TROMPETTE

Mais nous le soutiendrons, nous autres. Plût à Diini quo tout le monde pensât comme vous et

Notre régiment, et les quatre autres que comrca:ide Tcrzky, le beau-frère du duc, nous sommes les gens les plus déterminés de l'armée, et nous sommes tout à lui. C'est lui qui nous a enrôlés; c'est lui qui a nommé les officiers, et ils sont dévoués à lui, corps et âme.

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