LES PI
lîL 1 1 LER , d'un air siijnipcalif.
rarcc qu'il a cherche à me retenir aussi.
ii.LO, avec chaleur.
1 tv.us êtes reste ferme ?(// Zmprenci lamain.) a\r lîuttler !
BUTTI.EK.
\j)ri's les dernières obligations que j'ai encore
, |iiiiice!...
ILLO
Ail 1 oui, général-major ! je vous félicite.
ISOI.AM.
I ( -l le régiment que le prince lui a donné
ut féliciter. C'est le même, m'a-t-on dit,
■^ avez toujours servi, à commencer par
valier; cela n'est-il pas vrai? C'est un en-
, - inent et un exemple donné à tout le corps
montrer qu'une fois un digne militaire a pu
re son chemin.
BUTTLEU.
Je suis embarrassé de recevoir vos complimens. assentiment de l'empereur manque encore.
ISOLANI.
Allez, recevez-les ; la main qui vous a porté là bien assez forte pour vous y maintenir, en dél de l'empereur et de ses ministres.
ILLO
Si nous avions tous les mêmes scrupules! l'cmreur ne nous accorde rien : tout ce que nous ons, tout ce que nous espérons, tout nous ;nt du duc.
ISOLANI , à lllo.
Vous ai-je raconté, mon cher ami, que le ince se chargeait de satisfaire mes créanciers? veut à l'avenir être mon caissier, et faire de )i un homme rangé; et c'est pour la troisième s, songez-y, qu'avec une générosité royale il 3 sauve de ma ruine et fait honneur à mes afres.
S'il pouvait seulement faire tout à son gré, il nnerait à ses soldats des domaines et des vasux; mais à Vienne ils lui enchaînent sans cesse mains et lui rognent les ailes; et maintenant yez toutes les nouvelles, toutes les belles prenions qu'apporte ici ce Questenbcrg.
BUTTLER
Je me suis laissé raconter ces prétentions de la ur; mais j'espère que le duc ne fléchira sur aun point.
ILLO
Sur les droits de sa place, assurément non ; lis sa place?
BUTTLER , étonné.
Savez-vous quelque chose? Vous m'^rayez.
ISOLAM , sur-le-champ.
Nous serions tous ruinés.
ILLO
Brisons là-dessus. Je vois notre homme qui ;nt avec le lieutenant-général Piccolomini. BUTTLER , secouant la tète d'un air inquiet- Je crains que nous ne partions d'ici comme 'US y sommes venus.
CCOLOMINI 277
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SCÈJNE II.
Les Phécédens, OCTAVIO PICCOLOMIM, (jUES- TtNBliRG.
OCTAVIO, encore dans V éloignement .
Eh quoi! encore de nouveaux arrivés? Avouez, ami, qu'il fallait cette déplorahle guone pour voir rassemblés à la fois autant de héros couronnés de gloire qu'en renferme l'enceinte de ce camp.
Ouestexberg.
Celui qui veut juger sévèrement de la gucrro, ne doit pas venir visiter le camp de Friediand En voyant le génie de l'ordre sur lequel se fonde le pouvoir de ce dévastateur du monde, en voyant les grandes choses qui en résultent, j'ai presque oublié que la guerre était un fléau.
OCTAVIO
Les deux braves que vous voyez ici complètent dignement cette assemblée de héros. C'est le comte Isolani et le colonel Buttler. Jlaintenant tout l'appareil militaire a passé sous vos yeux. ( // présente Isolani et Buttler.) Voici la promptitude, ami; et voilà la fermeté.
OUESTEXBERG , à Octavio.
Et entre elles la sagesse expérimentée.
OCTAVIO, montrant Questenberg à chacun des
autres.
Nous honorons dans cet hôte illustre le chambellan et conseiller Questenberg, porteur des ordres de l'empereur , patron et protecteur des soldats.
Tout le inonde se tait.
ILLO s'approche de Questenberg.
Ce n'est pas la première fois, seigneur ministre, que vous honorez le camp de votre visite.
QUESTENBERG.
Déjà une fois je me suis trouvé devant ces drapeaux.
Et vous souvenez-vous en quel lieu? C'était à Znaïm en Moravie, où vous vîntes, envoyé par l'empereur, pour supplier le duc de reprendre le commandement.
QUESTENBERG.
Pour supplier, seigneur général! Ma mission ni mon zèle n'allèrent pas si loin, si je m'en souviens bien.
ILLO
Eh bien ! pour le forcer, si vous l'aimez mieux. Je m'en souviens fort bien : le comte de Tilly venait d'être battu sur le Lech; la Bavière était ouverte aux ennemis ; rien ne pouvait les empêcher de pénétrer jusqu'au cœur de l'Autriche; alors, Wcrdenberg et vous vîntes trouver le général, l'assaillir de supplications, le menacer de la disgrâce de l'empereur s'il n'avait pas pitié du triste état des choses.
ISOLAM , s'avançant.
Oui, oui, seigneur ministre, on conçoit com-
THÉÂTRE DE SCHILLER
ment dans votre mission d'aujourd'hui vous pouvez oublier votre mission d'alors.
QUESTENBERG.
Et pourquoi l'oublier? elles ont entre elles plus d'un rapport. Alors il s'agissait d'arracher la Bohême des mains des ennemis ; aujourd'hui il s'agit de l'affranchir de ses gardiens et de ses défen-
Bel emploi! Après qu'au prix de notre sang nous avons chassé les Saxons de la Bohême, on veut, en reconnaissance, nous renvoyer du pays.
QUESTENBERG.
Cette malheureuse contrée aurait-elle seulement échangé un malheur pour un autre? Il faut qu'elle soit affranchie également et des fléaux qu'elle doit à ses amis, et de ceux qu'elle doit à ses ennemis.
ILLO
Eh quoi! L'année a été bonne; le paysan peut bien contribuer un peu.
QUESTENBERG.
Oui, monsieur le maréchal, elle a été bonne pour le pacage des troupeaux sur les terres en friche.
ISOLANI.
La guerre sert à entretenir la guerre. Si l'empereur perd des paysans, il gagne d'autant plus de soldats.
QUESTENBERG.
Et le nombre de ses sujets diminue d'autant.
ISOLANI.
Et ne sommes-nous pas tous ses sujets?
QUESTENBERG.
Avec cette différence, monsieur le comte, que les uns par leur active industrie remplissent les coffres, et que les autres ne s'entendent qu'à les vider. L'épée a appauvri l'empereur, et c'est la charrue qui lui rend sa force et sa puissance.
L'empereur ne serait pas pauvre si tant de sangsues ne suçaient pas la substance de ses provinces.
ISOLANI.
Les choses ne vont pas encore si mal. {Il t'avance et montre l'habit de Questenberg. ) Je vois que tout l'or n'est pas encore monnayé.
QUESTENBERG.
GrAce à Dieu, il en est encore quelque peu qui a échappé aux mains des Croates.
ILLO
Eh bien! qu'un Slawata, un Martinitz, sur lesquels l'empereur, au grand déplaisir de toute la Bohême, accumule ses bienfaits, qui s'enrichissent de la dépouille des citoyens exilés ; qui s'accroissent au milieu du désordre général ; qui moissonnent seuls parmi les malheurs publics; qui par un luxe royal insultent à la misère des provinces ; que ceux-là et leurs pareils payent les frais de la guerre terrible que seuls ils ont allumée.
BUTTLER
Eux et ces parasites qui se nourrissent corn plaisamment à la table de l'empereur; qui sont l'affût de toutes les grâces, et qui veulent régh la dépense et retrancher sur le pain du soldat qi vit en face de l'ennemi.
ISOLANI.
Non, de ma vie je n'oublierai le voyage que ; fis à Vienne il y a sept ans. J'y allais pour hâl( la remonte de notre régiment. Comme ils me pn menèrent d'antichambre en antichambre, me lai sant des heures entières au milieu de la valctaill comme si j'étais venu mendier la charité! Enfij ils m'envoyèrent un capucin ; je crus qu'il ni venait parler de mes péchés; c'était l'homme avi lequel je devais traiter de mes chevaux. Je m'd allai donc sans avoir pu régler mon affaire, et ej suite le prince m'arrangea en trois jours ce qu'd trente je n'avais pu terminer à Vienne.
QUESTENBERG.
Oui, oui, l'article s'est retrouvé dans les com i tes, et nou5 avons cucore à le solder ; je m'en so viens.
ILLO
La guerre est un métier de rudesse et de vi( lence. On ne peut la conduire avec des moye de douceur, et il est impossible de tout épargne S'il fallait attendre, pour se décider, que l'on c à Vienne, entre trente malheurs, choisi le moii dre, on attendrait long-temps. Trancher les difl cultes, voilà le meilleur parti, et sauve qui peu Les hommes en général s'entendent fort bien rajuster et réparer toutes choses, et ils s'arrai gent beaucoup mieux de supporter une dure ni cessité, que d'avoir à faire un triste choix enl plusieurs maux.
QUESTENBERG.
Il est vrai que le prince nous épargne l'eml). ras du choix.
ILLO
Le prince a eu un soin paternel des soldats, L nous voyons les sentimens de l'empereur poi|i eux.
QUESTENBERG.
L'empereur porte un amour égal à chaque co dition, et ne pense pas immoler l'une à l'autre.
ISOLANI.
C'est pour cela qu'il veut nous renvoyer au d sert avec les bêtes féroces, afin de mieux consi < ver ses chers troupcaiix.
QUESTENBERG, avec raillerie.
Monsieur le comte, cette comparaison est vous, non pas de moi.
ILLO
Si cependant nous étions tels que la cour ■ maginc, il serait dangereux de nous donner liberté.
QUESTENBERG, avec gravité.
Cette liberté est usurpée et non pas donne Aussi ce qui est nécessaire, c'est de lui mettre frein.
ILLO
LES PICCOLOMINI 27<J
' pas ae l'empereur que nous tenons Walienstein
' cheval est farouche, on doit le savoir.
OUESTENBERG.
; I! meilleur cavalier saura le dompter.
ILLO
11 ne porte que celui-là seul qui l'a apprivoisé.
Onand il est dompté, il obéirait à un enfant.
ILLO
Tour l'enfant, je sais qu'on l'a déjà choisi.
QUESTENBERG.
Iiiquiétez-vous de votre devoir, et non pas du idîii de votre chef.
: i ri.ER, qui jusque alors s'est tenu à l'écart avec
S'ienlomini, en prenant toutefois un inférât
visible à la conversation, s'approche.
Aloiisieur le président, l'empereur tient en Alii:i;igne une armée considérable. Trente mille oiniiies sont cantonnés dans ce royaume; la Si- (sic en contient seize mille; dix régimens sont iir le Wéser, le Rhin et le Mein; en Souabe six niUe hommes, en Bavière douze mille tiennent êtc aux Suédois. Je ne compte pas les garnisons jui défendent les places fortes des frontières, fout ce peuple de soldats obéit aux généraux de Viedland. Ces commandans sont tous nourris à a même école, ont sucé le même lait, sont aninés d'un même cœur; ils vivent étrangers sur la surface du sol, ne connaissent d'autre foyer domestique, d'autre toit paternel que l'armée. Ce l'est pas l'amour de la patrie qui les excite, car )lus de mille sont, comme moi, de naissance Urangére. Ce n'est pas non plus leur attachement pour l'empereur, car la moitié de nous est arrivée n désertant du service étranger, et il leur est indifférent de combattre sous l'aigle impériale, 50US les léopards ou les lis. Cependant un seul homme les tient tous dans sa main puissante, les gouverne par l'amour et par la crainte, et en forme un même peuple ; et de même que l'étincelle de la foudre parcourt rapidement l'aiguille qui la conduit, de même et plus vite encore le commandement du général gouverne depuis les avantpostes éloignés qui, dans les dunes, entendent mugir les flots de la Baltique ou qui voient les fertiles vallées de l'Adige, jusqu'à la sentinelle dont la guérite est placée à la porte du palais de "empereur.
QUESTENBERG.
Et quel est le sens abrégé de ce long discours?
BUTTLER
Que le respect, l'amour, la confiance qui nous soumettent à Friedland, ne se transporteront pas au premier venu qu'il plaira à la cour de nous envoyer. Nous conservons encore un souvenir fidèle de la manière dont le commandement est venu aux mains de Friedland. L'empereur lui donna-t-ilune armée toute formée? Sagissait-il seulement de 'choisir un général à des soldats déjà rassemblés ? Non : il n'y avait aucune armée; il fallut d'abord que Friedland la créât; il ne la reçut point de l'empereur, il la lui donna. Ce n'est
pour général; non, non, ce n'est pas de lui; mais c'est Walienstein qui a fait l'empereur notre souverain. C'est lui, lui seul qui nous retient sous ses drapeaux.
ocTAVio s'avance entre eux.
Songez, monsieur le conseiller, que vous êtes au milieu d'un camp, parmi des guerriers. La liberté, l'audace, sont le caractère du soldat Pourrait-il combattre avec témérité, s'il n'osait parler avec imprudence? L'un excuse l'autre. {Montrant Buttler.) L'audace de ce digne officier se méprend aujourd'hui dans son objet, mais elle a sauvé à l'empereur sa capitale de Prague, au milieu d'une sédition terrible de la garnison, dans un moment où l'audace était le seul moyen de salut.
On entend une musique guerrière dans l'éloignement. ILLO.
Ce sont elles, la garde les salue. — Ce signal nous apprend que la princesse est arrivée. ocTAVio, à Questenberg.
Mon fils est aussi de retour; c'est lui qui est allé les chercher en Carinthie pour les conduire
ISOLANI , à Illo.
Allons-nous ensemble les saluer?
ILLO
Oui, sortons. Venez, colonel Buttler. [Â Octavio. ) Souvenez-vous que nous devons encore nous retrouver à midi chez le prince avec monsieur le conseiller.
/VlV\VVVVVVVVVVV\A/VtVVVV\A/i^VVVV\/VVVVVVtVVVVVVVVVVVVVVVVllVVV*