‹ Œuvres dramatiques de Schiller. Traduction de M. de Barante, précédée d'une notice biographique et littéraire sur SchillerChapitre 335 sur 637 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

us Précédens, la comtesse TERKZY conduisant par la main LA PRINCESSE THÉCLA.

LA COMTESSE

Quoi, ma sœur, vous l'entretenez déjà d'affaires, de tristes affaires même, autant que je puis voir, avant de l'avoir réjoui par la vue de son enfant! Les premiers momens doivent être donnés au bonheur. Friediand, voici votre fille.

Théda s'approche timidement et veut lui baiser la main. Il la reçoit dans ses bras , et demeure un moment à la contempler.

■WALLENSTEIX.

Oui, l'espérance renaît dans mon cœur ; je la reçois comme un gage de mon bonheur.

LA DUCHESSE

Elle était encore tendre enfant lorsque vous partîtes pour commander la grande armée de l'empereur. Depuis, quand vous revîntes de la campagne de Poméranie , elle était au couvent où elle est restée jusqu'à ce moment.

WALLENSTEIN

Pendant qu'au sein de la guerre je travaillais à sa grandeur; pendant que je conquérais pour elle les honneurs de la terre, la bienfaisante nature, dans les tranquilles murs d'un cloître, prodiguait à mon aimable enfant ses divines et libres faveurs, l'ornait et l'embellissait pour le brillant avenir que lui destinent mes espérances. LA DUCHESSE, à la Princesse.

As-tu bien reconnu ton père, mon enfant? A peine comptais-tu huit ans quand pour la dernière fois tu as joui de sa vue.

THÉCLA

Cependant, ma mère, je l'ai reconnu au premier coup d'œil. Mon père n'a point vieilli ; et l'image que mon cœur gardait de lui était en tout semblable à celle que m'offre sa noble présence.

WALLENSTEiN, à la Duchesse.

Aimable enfant, combien elle montre de grâces, de raison ! Oui, je reprochais au destin de m'avoir refusé un fils qui eût été l'héritier de mon nom et de ma fortune, et qui eût transmis à une noble suite de princes mon existence bientôt terminée : j'étais injuste envers le sort; je veux placer sur la tête charmante de ma fille la couronne due à mes exploits guerriers, et je n'aurai aucun regret si je puis relever la beauté de son front par cet ornement royal.

Il la tient dans ses bras ; Piccolomini arrive.

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