‹ Œuvres dramatiques de Schiller. Traduction de M. de Barante, précédée d'une notice biographique et littéraire sur SchillerChapitre 367 sur 637 · WALLENSTEIN, TERZKY · texte numérisé non relu

WALLENSTEIN, TERZKY

TERZKY entre.

Le javez-vous déjà? Il a été pris, il a été livré a l'empereur par Galas.

WALLENSTEIN, à TersUy.

Qui a été pris? Qui a été livré?

TERZKY

Celui qui sait tout notre secret, toutes nos négociations avec les Suédois et les Saxons, par les mains duquel tout a passé.

WALLENSTEIN, SB reculont.

Ce n'est pas Sesina? Puisses-tu me dire que ce n'est pas lui !

TERZKY

Justement. Comme il se rendait de Ratisbonne chez les Suédois, des gens envoyés par Galas, qui le guettaient depuis long-temps, l'ont saisi. 11 était chargé de toutes mes dépêches à Kinsky, à MathiasdeThourn,àOxensticrn, à Arnheim. Tout cela est entre leurs mains, ils ont connaissance de tout ce qui a été fait.

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Les Précédens, ILLO.

ILLO, à Terzky.

Le sait-il?

TERZKY

Oui, il le sait.

ILLO, à Wallenstein.

Eh bien ! pensez-vous encore a faire votre paix avec l'empereur, à regagner sa confiance? Voudriez-vous maintenant renoncer à tous les projets? On sait quel a été votre dessein. Vous devez maintenant aller en avant, car vous ne pouvez plus reculer.

ÏERZKY.

Ils ont dans les mains des témoignages irrécusables contre nous.

WALLENSTEIN

I Cela est faux, rien de ma main.

ILLO

Eh quoi! croyez-vous que lorsque lui, votre beau-frère, a négocié en votre nom, on ne vous en accusera pas? Les Suédois vous ont cru sur sa parole, et vos ennemis à Vienne n'en feraient pas autant?

IliHZKV.

Vous n'avez rien donné d'écrit. Mais songezvous jusqu'où vous êtes allé dans vos conversations avec Sesiiia? et se taira-t-il? Kt s'il peut se sauver en révélant votre secret, le gardcra-t-il ?

Vous-même pouvez-vous en juger autrement? Et s'ils savent jusqu'où vous êtes allé, parlez, qu'attendez-vous? Pourconserver plus long-lenips le commandement, il faut vous afTrnnchir. Si vous l'abandonnez, vous êtes perdu.

WALLENSTEIN

L'armée fait ma sûreté, l'armée ne m'abandonnera pas. Ils savent que c'est moi qui ai la force, il faut bien qu'ils prennent leur parti làdessus, et si je leur proteste de ma fidélité, il faudra bien qu'ils se monlrent salisfails et tranquilles.

ILLO

L'armée est à vous. .Maintenant, en cet instant, elle esta vous. Cependant redoutez l'action lente et certaine du temps. La faveur du soldat vous protège aujourd'hui, demain encore, contre une violence ouverte; mais si vous leur accordez des délais, ils mineront insensiblement cette opinion favorable sur laquelle vous vous fondez ; ils vous raviront chaque soldat l'un après l'autre, jusqu'à ce qu'enfin la terre tremble lout-à-coup, et renverse l'édifice fragile et sans appui.

WALLENSTEIN

C'est un incident malheureux!

ILLO

Ah! je le nommerais heureux, s'il avait sur vous l'influence de vous faire agir sans retard. Le colonel suédois...

WALLENSTEIN

Serait-il venu? Savez-vous de quoi il est chargé?

Il ne veut le confier qu'à vous seul.

WALLENSTEIN

Malheureux, malheureux incident ! Oui, certes, Sesina en sait trop, et il ne se taira point.

TERZKY

C'est un Bohémien révolté, un déserteur; sa tête est déjà condamnée. S'il peut se sauver à vos dépens, s'en fera-t-il scrupule? Si on le soumet à la torture, ne sera-t-il point faible et sans constance?

WALLENSTEIN, perdu datis ses pensées.

Il n'y a plus à compter sur la confiance, et quelque chose que je fasse, je demeurerai un traître à leurs yeux. J'essayerais en vain de rentrer honorablement dans le devoir, cela ne mt servirait de rien.

ILLO

Cela vous perdrait. Vous prouveriez par là , non votre fidélité, mais votre impuissance.

WALLENSTEIN, vivemeiit agité et marchant à grands pas.

Eh quoi! me faut-il maintenant accomplir sérieusement ce qui avait servi de simple amuse-

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THÉÂTRE DE SCHILLER

mcnlà mes libres pensées ? Ah 1 jouer avec Icnfcr, c'est se damner.

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