II.I.O
C'est à vous maintenant à parler; pour moi, j'ai épuisé mes raisons : on parle de fidélité et de conscience.
LA COMTESSE
Kh quoi! n'aurez-vous du courage et de la résolution que lorsque tout est dans l'cloigncment, lorsqu'une longue route à parcourir est encore ouverte devant vous? Et maintenant, quand le songe devient une réalité, quand l'accomplissement approche, quand le résultat est assuré, c'est alors que vous commencez à trembler! Étes-vous audacieux dans les projets seulement, et faible dans l'action ? Eh bien 1 donnez pleine raison à vos ennemis, c'est cela même qu'ils attendent. Ils ne peuvent douter d'un dessein dont vos lettres et votre seing peuvent vous convaincre; cependant ils ne croient pas à la possibilité de l'exécution, car ils n'ont pour vous ni crainte ni égards. Estil possible? Quand vous êtes allé si loin, quand on a découvert ce qui est le plus coupable, quand on peut vous imputer une entreprise déjà commencée, voulez-vous reculer sans en avoir recueilli le fruit? En former le projet n'est qu'un crime vulgaire; l'accomplir est une action immortelle: si elle réussit, elle sera justifiée, car le succès est le jugement de Dieu.
vy noMESTiQUE entre.
Le colonel Piccolomini.
LA COMTESSE , promptement.
Qu'il attende.
VALLENSTELV.
Je ne puis le voir maintenant; dans un autre moment.
LE DOMESTIQUE
11 demande à vous voir un instant seulement; il a une alTaire pressante.
WALLENSTEIV.
Qui sait cj qu'il a à nous dire? je veux le voir.
LA COMTESSE , Souriant.
Cela peut être pressant pour lui. Mais vous, vous pouvez attendre.
WALLEXSTEIX.
Qu'esl-ce?
Vous le (aurez après. Maintenant, pensez à expédier Wrange!.
Le Domestique sort.
WALLK.NSTB1.N.
Si l'on pourait encore choisir ; si une issue
moins violente pouvait encore... je voudrais encore la prendre, et différer les moyens extrêmes.
LA COMTESSE
Ne désirez-vous rien de plus? cette voie voi demeure ouverte. Renvoyez Wrangcl. Oubliez v( anciennes espérances ; rejetez loin de vous votr^ vie passée; résolvez-vous à en commencer un< nouvelle. La vertu a aussi ses héros comme \t gloire et la fortune. Allez à Vienne vous jeter auï pieds de l'empereur; portez-y vos trésors, et dé-j clarez que vous n'avez rien fait que pour éprou-i ver la foi de ses serviteurs et amener les Suédoij à un accommodement.