‹ Œuvres dramatiques de Schiller. Traduction de M. de Barante, précédée d'une notice biographique et littéraire sur SchillerChapitre 377 sur 637 · L.\ COMTESSE · texte numérisé non relu

L.\ COMTESSE

Avouez donc qu'entre vous et lui il ne peut être question de la justice et du devoir, mais seulement de la force et de la circonstance. Le moment est arrivé de clore les grands calculs de votre vie, et d'en tirer le résultat; les signes célestes se montrent propices au-dessus de vous; les planètes vous promettent le succès, et proclament dans leur révolution que le temps est venu. Auriez- Yous donc en vain, pendant toute votre vie, mesuré le cours des étoiles , tracé des cercles et des cadrans, dessiné sur ces murs des zodiaques et des sphères, placé autour de vous les figures muettes et mystérieuses des sept dominateurs du destin? Tout ceci n'aurait-ildonc été qu'un vain jeu? Tous ces apprêts n'auraient conduit à rien, cette science ne serait que vide, si elle ne vous servait à rien, si elle n'exerçait pas de pouvoir sur vous au moment de la décision.

vv.VLLENSTEi.x , pendant ces derniers mots, s'est promené avec agitation, comme dans le travail de la décision; il s'arrête tout-à-coup, et interrompant la comtesse.

Qu'on rappelle Wrangel, et que trois courriers se tiennent prêts sur le-cbamp.

ILLO

Ahl Dieu soit louét

11 sort promptemenl.

THÉÂTRE

WALLBNSTEIN.

C'est l'œuvre du mauvais génie de lui et de moi. Il se »crl de moi, l'instrument de son ambition, pour le punir; et, quant a moi. je m'attends que le fer vengeur est déjà aiguisé contre mon scm. Celui qui a semé les dents du dragon ne peut espérer d'heureuses moissons ; le crime porte avec lui dans son cœur un ange de vengeance, le mauvais espoir. Ce n'est plus maintenant un rêve, il n'y a plus à revenir en arrière ; arrive maintenant ce qui doit arriver. C'est le destin qui décide tout

pour celui qui a livré son cœur a lui obéir aveuglément. ( A Terzky. ) Fais passer Wrangel dani mon cabinet. Je veux parler moi-môme aux courriers; qu'on fasse chercher Octavio. {A la Cowrtesse, qui montre un air triomphant. ) Ne vom applaudissez pas tant, car le destin est jaloux de sa puissance et s'offense des joies anticipées. Nous avons confié la semence à ses mains; si elle I croîtra pour notre bonheur ou pour notre pertCt c'est ce que la fin nous apprendra.

Il sort, et la toile tombe.

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