LA PRINCESSE, DOMINGO
KOMINGO.
Je me rends à vos ordres, princesse.
LA PRINCESSE, après avoir suivi d'un regard c rieux le Duc, qui se retire.
Ne sommes-nous pas absolument seuls? Vo j étiez avec quelqu'un, je le voi,s.
DOMINGO. I
Comment?
LA PRINCESSE
Qui donc vient de vous quitter tout-à-l'hcuri
DOMINGO
Le duc d'Albe, princesse, qui demande la pe mission d'être admis après moi.
LA PRI\CES.SE
Le duc d'Albe? Que veut-il? que peut-il voi loir? vous saurez peut-être me le dire?
DOMINGO
Moi! et saurai-je auparavant quelle oceasi importante me procure le bonheur long-teii> refusé de me retrouver avec la princesse d'Ébo [llattendun instant la réponse de la Princest Puis-je savoir si quelque rircoiistaiice vous a en rendue favorable aux vœux du roi? Puis-je esj rer avec quelque fondement que de plus sages l flexions vous ont réconciliée avec des propositi< rejetées par humeur, par pur caprice? Je vit plein d'espoir.
LA PRINCESSE
Avez-vous porté au roi ma dernière réponi
DOMINGO
J'ai différé de lui porter une si mortellç attcij Princesse, il est temps encore : vous pouvez \é épargner.
LA PRINCESSE
Avertissez le roi que je l'attends.
DOMINGO
Puis-je croire que cela soit séricuv, ix'llo p7 cesse ?
LA PRINCESSE
Et pourquoi serait-ce autre chose qu'un ji Au nom du ciel! vous nrinquiélcz. Eh <{|i
DON CARLOS
^u'ai-je donc fait pour que celui-ci, mCme celuii, cliange de visage?
DOMIXGO.
Princesse, ma surprise... A peine je puis conevoir...
LA PRINCESSE
En effet, vous ne devez pas me comprendre : )Our tous les biens du monde, je ne voudrais pas |uc vous m'eussiez comprise. C'est assez pour ous de savoir que la chose est ainsi; épargnezous la peine de rechercher à l'éloquence de qui •DUS devez rendre grâce de ce changement. J'aoute, pour vous consoler, que vousii'avez aucune part à ma faute, pas plus que l'Église; bien |ue vous m'ayez démontré qu'il y avait des cas )ù l'Église savait employer, pour une pieuse fin, même jusqu'à la personne des jeunes filles. Non, :e n'est pas cela : des motifs si dévots sont trop m-dessus de moi, mon père.
DOMINGO
J'y renonce très-volontiers, princesse, puisqu'ils ;ont superflus.
LA PRINCESSE
Dites de ma part au roi que je le prie dans eut ceci de ne point méconnaître qui je suis : :e que j'ai été, je le suis encore. La situation des hoses a seulement changé depuis. Lorsque je epoussai ses ofl"res avec indignation, je le croyais leureux époux de la plus belle des reines; je royais qu'une fidèle épouse méritait ce sacrifice le ma part. Je le croyais alors... alors; peut-être laintenant suis-je mieux informée.
DOMINGO
Princesse, poursuivez. Je comprends, nous 0B8 entendons.
LA PRINCESSE
C'est assez. Elle est découverte. Je ne reparlerai pas plus long-temps : la fourbe est découîrte. Le roi, l'Espagne entière et moi, elle nous tous trompés. Elle aime, je le sais; elle aime : lai des preuves qui la font trembler. Le roi est ompé. Au nom du ciel, qu'il ne reste pas sans iDgeance! je lui arracherai ce masque d'abné lion sublime et surnaturelle, et tout le monde irra le front de la coupable. Il m'en coûtera un il inestimable ; mais ce qui m'enchante, ce qui il mon triomphe, c'est qu'à elle il lui en coûtera tYantage encore.
DOMINGO
Maintenant tout est mûr. Permettez que j'ap-
lle le duc.
11 sort.
LA PRINCESSE, étonnée.
Qu'est-ce donc?
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