‹ Œuvres dramatiques de Schiller. Traduction de M. de Barante, précédée d'une notice biographique et littéraire sur SchillerChapitre 478 sur 637 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

LE MARQUIS , seul.

Lela est fort bien dit, duc ; il faut profiter d'un moment qui ne doit se présenter qu'une fois. Ce rourlisan me donne vraiment une bonne leçon, sinon dans son sens , du moins dans le mien. {Après s'être promené un instant.) Jlais comment suis-je ici? Est-ce seulement par un bi/arre caprice du destin que j'aperçois mon image dans cette glace, ici ? Sur un million d'individus il va me choisir, moi, contre toute vraisemblance, pour me faire venir à la pensée du roi? Est-ce le hasard seulement? c'est peut-être aussi davantage. Et qu'est le hasard , sinon la pierre brute qui reçoit la vie de la main du statuaire? La Providence donne le hasard , c'est à l'homme à s'accommoder à son but? — Qu'importe ce que le roi peut me vouloir? ce que je dois être avec le roi, je le sais; et quand ce ne serait qu'une étincelle de vérité jetée hardiment dans l'âme d'un despote , combien ne pourrait-elle pas devenir féconde sous la main de la Providence! Ainsi , ce qui d'abord m'a semblé bizarre pourrait avoir un but plein de sagesse. Que cela soit ou non, qu'importe? c'est dans cette idée que j'agirai.

Il se promène dans le cabinet, et s'arrête ensuite tranquillement à regarder un tableau. Le Roi paraît dans un salon voisin , où il donne quelques ordres ; puis il s'avance, et s'arrête à la porte pour observer le marquis de Posa, qui ne le voit point.

*\\V\\\'VW\VVV\VV\VV\'V\WVVV\\VW\W\VVVVVVWV\'VWW'\'V\\'\\\V

Page 1