‹ Œuvres dramatiques de Schiller. Traduction de M. de Barante, précédée d'une notice biographique et littéraire sur SchillerChapitre 485 sur 637 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

LE MARQUIS le suit desyeux avec surprise.

Serait-il possible ? cela se pourrait-il ? ne l'auraisje pas bien connu? Ce repli de son cœur m'auraitil réellementéchappé? Défiance contre son ami!... Non ; c'est une calomnie... Que m'a-t-il fait pour que je l'accuse de faiblesse, moi, plus faible encore? Ce que je lui impute, je l'éprouve moimême. Étonné... il doit l'être, je le crois facilement. Comment aurait-il prévu cet étrange mystère de la part d'un ami ? Ne doit-il pas en éprouver de la douleur?... Je ne puis te l'épargner, Charles, et il faut encore que je continue à affliger ton âme tendre. Le roi se fie au dépositaire qui a reçu ses intimes secrets, et la confiance exige la reconnaissance. Pourquoi serais-je indiscret, quand mon silence ne peut lui causer de douleur, qu'il lui en épargne peut-être ? Pourquoi le réveiller, afin de lui montrer le nuage orageux suspendu sur sa tête? U suffit que je le détourne de toi en silence, et à ton réveil le ciel sera serein.

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