‹ Œuvres dramatiques de Schiller. Traduction de M. de Barante, précédée d'une notice biographique et littéraire sur SchillerChapitre 51 sur 637 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

Les mêmes, SACCO, CALCAGNO.

cai.cagno.

Vite, Verrina, dispose-toi. C'est aujourd'hui quel commencent les élections. Nous voulons être de | bonne heure à la seigneurie, pour choisir Icsnou veaux sénateurs. Les rues fourmillent de peuple.! Toute la noblesse se précipite à l'hôtel de ville. Tu nous accompagneras... {d'un ton railleur]] pour voir le triomphe de notre liberté.

SACCO

Une épée à terre! Verrina a un regard farouche. Sa fille a les yeux rougis de larmes...

LA CONJURATION DE FIESQUE

CALCAGNO

Par le ciel î j'en suis frappé aussi... Sacco, il est arrivé quelque malheur ici.

VERRiNA avance deux sièges.

\sseyez-vous.

SACCO

Ami, tu nous effrayes.

CALCAGNO

Jamais je ne te vis ainsi, ami. Si Bcrthe n'était ]ias en pleurs, je te demanderais si Gênes n'est l>as perdue.

VERRINA, d'une voix terrible.

Perdue! — Asseyez-vous.

CALCAGNO, effrayé et s'asseyant.

imi! je te conjure...

TERRINA.

Écoutez !

CALCAGNO

')uel soupçon me vient, Sacco!

VERRINA

liénois, vous connaissez tous deux l'antiquité (1 ' mon nom. Vos aïeux ont servi d'écuyers aux miens. Mes pères ont combattu pour le pays; l 'lus épouses ont été le modèle des Génoises. 1. honneur a été notre unique bien, et il a été li'trué de père en fils. Qui pourrait dire le contraire?

SACCO

Personne.

CALCAGNO

Aussi vrai qu'il y a un Dieu, personne!

VERRINA

Je suis le dernier de ma race. Ma femme est dans le tombeau... ma fille est tout ce qui me reste. Génois, vous savez comment je l'ai élevée. Quelqu'un peut-il se présenter et me reprocher d'avoir négligé ma fille ?

CALCAGNO

Ta fille est le modèle de son âge.

VERRINA

Amis, je suis un vieillard ; si je la perds, je n'ai plus rien à espérer, ma mémoire est éteinte. [Avec une explosion terrible.) Je l'ai perdue, ma race est infâme !

TOUS DEUX, émus.

Que Dieu vous en préserve !

Berthe se roule en sanglotant sur le sofa. VERRINA.

Non! n'en doute point, ma fille, ce sont des hommes braves et bons. Ils pleurent sur toi, et il en coûtera du sang. — Ne me regardez pas ainsi avec abattement, hommes! [Lentement et avec force.) 0"i opprime Gênes, peut bien faire violence à une jeune fille.

TOUS DEUX, se levant et repoussant leurs sièges en arrière.

Gianettino Doria !

BERTHE, poussant un cri.

Murs, écrasez-moi! Mon cher Scipionl...

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