‹ Œuvres dramatiques de Schiller. Traduction de M. de Barante, précédée d'une notice biographique et littéraire sur SchillerChapitre 525 sur 637 · I.E MAUQUIS · texte numérisé non relu

I.E MAUQUIS

« C'est cela même qui serait une question, ce » me semble. »

('arlos lui-même a vu assez avant dans le cœur de son ami pour penser qu'une telle détermination peut résulter de sa manière d'être; et ce que lui-même dit sur Posa à cette occasion suffirait bien pour mettre hors de doute la véritable intention de l'auteur. « Toi-même » , lui dit-il lorsqu'il est encore dans l'opinion que le marquis l'a sacrifié.

« C'est toi-même maintenant qui accompliras D ce que je devais, ce que je ne puis faire. Tu » donneras à l'Espagne cet âge d'or qu'elle avait » en vain espéré de moi... Pour moi, c'en est fait, » c'en est fait pour toujours. Tu l'avais prévu. » Ce terrible amour avait étouffé sans retour les « fleurs précoces de mon génie. J'étais mort pour » tes grandes espérances. La Providence ou le » hasard t'ont donné le roi... Il en a coûté mon » secret, et il a été à toi. Tu peux devenir son )) ange protecteur... Pour moi il n'y a pas de sa- » lut... Pour l'Espagne, peut-être. »

Et ailleurs, il dit au comte de Lerme. pourjustifîer l'inconcevable infidélité de son ami :

« Il m'a aimé, beaucoup aimé. Je lui étais plus » cher que lui-même... Oh ! je le sais bien !... il » m'en a donné mille preuves. Mais des millions » d'hommes, mais la patrie, ne devaient-ils pas » lui être plus chers qu'un seul individu?... Son I» âmcétait trop vaste pour un seul ami ; le bonheur » de Carlos était une tâche au-dessous de son » amour : il m'a sacrifié à sa vertu. «

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