ACTE CINQUIÈME
La duchesse ; son conseil, la princesse, les seigneurs anglais. Toutes les recherches on tété inutiles pour trouver Edouard; on ne l'a rencontré nulle part. La duchesse conçoit un horrible soupçon : elle envoie chercher Warbeck.
Eric et l'envoyé anglais parlent d'un meurtre qui a dû avoir lieu ; ils ont entendu crier au secours ; et comme ils se hâtaient d'accourir, ils ont vu des traces de sang. La duchesse et la princesse sont émues et agitées.
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THÉÂTRE DE SCHILLER
Warbeck «riive, la duchesse lui adresse sur-lechamp ces mois :« Où est mon neveu? qu'en » avez-vous fait? » Comme il hésite, elle le traite aussitôt d'assassin. A cette parole, les seigneurs anglais sont vivement émus. Elle la répète plus fortement encore. Ceux-ci lui font un reproche d'accuser d'une action si criminelle leur prince, son propre neveu. La colère lui arrache son secret: « Votre prince? dit-elle; un rejeton d'York, » mon neveu?» et elle raconte en peu de mots toute la fraude. La princesse chancelle et va s'évanouir, Warbeck s'avance pour la soutenir; la princesse se précipite dans les bras de la duchesse; Warbeck se retourne vers les Anglais : ils s'éloignent de lui avec horreur. Dans cet instant, ce comte Kildare, dont la présence est si redoutée, se fait annoncer. La duchesse dit: «II vient à » propos; j'avais craint son arrivée, maintenant » il sera le bienvenu ; il connaît mes neveux, c'est » lui qui a élevé leur enfance. » Puis se tournant vers Warbeck : « Cache-toi, si tu peux ! vois si tu » oseras récuser ce témoignage.»
Kildare entre; Warbeck se tient fort éloigné de lui : sa tête est penchée vers la terre. La duchesse va au-devant de Kildare : « Malheureux » homme, dit-elle, vous ne trouverez pas le » prince ; » et elle raconte ce qui s'est passé. Avant de répondre, Kildare jette les yeux tout autour de lui, et aperçoit Warbeck; il s'approche, il hésite, il se trouble, il s'écrie: «Que vois-je? » A ces mots, Warbeck lève la tête, voit le comte, et s'écrie: « Mon père!» — «Mon fils! » dit en même temps Kildare. «Son fils! » répètent toutes les bouches. Warbeck s'élance dans les bras do son père; Kildare, frappé d'étonnement, ne sait encore ce qu'il doit penser et dire; il prie les assistans de le laisser seul un moment avec Warbeck; on s'éloigne par égard pour lui. Au même instant on annonce qu'on vient de saisir deux meurtriers : la duchesse s'empresse d'aller les interroger.
Warbeck reste seul avec Kildare, qui s'étonne de retrouver son fils sous le nom d'un faux prince d'York. Warbeck lui explique tout en peu de
mots; Kildare admire les voies de la Providence": il déclare à Warbeck qu'il n'est pas son père, qu'il lui a dérobé le nom auquel il a droit. Warbedk est un fils naturel d'Edouard IV : il est né du san§ d'York ; l'énigme des sentimens confus qu'il éprouvait en lui-même s'explique à ses yeux; la trame de sa destinée se développe enfin ; sa joie est extrême; il secoue le fardeau de ses souffrancej passées ; il prie Kildare de lui permettre de s'éloigner un moment.
Kildare et les seigneurs anglais. Ils sont au désespoir d'avoir été dupe de cette fourberie ; ils déplorent leur existence ruinée, leurs espérances perdues.
Alors paraît Warbeck, amenant Plantagenet par la main : la surprise est générale. Kildare reconnaît le jeune prince, qui ne conçoit pas d'abord ce qui lui arrive, jusqu'à ce que Warbeck lui découvre tout le mystère; ensuite il rend hommage à Plantagenet comme à son prince, et l'embrasse comme son parent. Warbeck a trouvé Plantagenet endormi près du monument de la famille d'York, et l'a sauvé de deux meurtriers qui allaient l'assassiner. Joie des seigneurs anglais; noble reconnaissance de Plantagenet.
La duchesse revient, elle embrasse son neveu j elle presse sur son cœur. Les Anglais la sollicitent de faire le même accueil à Warbeck. Nobles explications de Warbeck, qui tombe à ses pieds comme un parent scrupuleux. Elle est émue, elle laisse paraître un sentiment d«c bienveillance dont elle donne la preuve en allaM. chercher la princesse.
Nouvel incident. Pendant son absence on découvre que le projet d'assassinat avait été concerté entre Eric et l'ambassadeur ; on leur pardonne et on les abandonne à leur infamie. Warbeck embrasse Plantagenet sous les yeux de l'ambassadeur, et le charge de porter à son roi la déclaration que Plantagenet et lui feront valoir en commun leurs droits au Irône.
La duchesse revient avec Adélaïde. Dénoûment.
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