WEILER
Je paye l'impôt au seigneur de Rappersweil.
WALTER FURST
Vous continuerez à lui payer l'impôt et le cens.
LE CURÉ
J'ai fait serment à l'abbesse dfe Zurich.
WALTER FURST
Vous rendrez à l'Église ce qui est à l'Église.
STAUFFACHER
Je relève directement de l'Empire.
WALTER FURST
Que chacun accomplisse ses devoirs et rien de plus. Nous voulons chasser les gouverneurs et leurs satellites et renverser leurs forteresses, mais, s'il se peut, sans répandre de sang. Que l'empereur sache que nous avons été contraints de nous
rTTîlLLAU
écarter du respect que nous lui devons ; s'il nous voit demeurer après dans de justes bornes , peutêtre les conseils de la politique le porteront-ils à vaincre sa colère. Un peuple qui sait, le glaive à la main, conserver de la modération, inspire une juste crainte.
REDING
Mais cependant comment y parvenir? L'ennemi a les armes à la main , et sûrement il ne cédera pas sans combattre.
STAUFFACHER
Il sera contraint de céder, s'il aperçoit que nous sommes armés à l'instant seulement où nous le surprendrons, avant qu'il se soit préparé à la défense.
MEIER.
Cela est hardiment proposé, mais l'exécution sera difficile. Deux forteresses commandent tout notre pays ; c'est l'asile de nos ennemis, et si l'empereur arrivait dans la contrée, elles deviendraient plus redoutables encore. Rossberg et Sarnen doivent être surpris avant qu'un seul glaive ait été tiré dans les trois cantons.
STAUFFACHER
Si l'on tarde long-temps , l'ennemi sera prévenu; le secret est partagé entre trop de personnes.
MEIER.
H n'y a pas un traître dans les trois cantons.
LE CVRÉ.
On est trahi souvent par le zèle même le plus pur.
WALTER FURST
Si l'on tarde, la forteresse que l'on construit à Alldorf s'achèvera , et le gouverneur s'y fortifiera.
MEIER.
Vous songez à vos intérêts.
LE CURÉ
Et vous, vous êtes injustes.
MEIER.
Nous injustes! et les gens d'Uri osent nous faire ce reproche !
REDING
N'oubliez pas votre serment; calmez-vous.
MEIER.
Si Schwitz est d'intelligence avec Uri, nous n'avons plus qu'à nous taire.
REDING
Je dois vous reprocher devant toute l'assemblée d'avoir troublé la paix par des paroles trop vives. Eh! ne sommes-nous pas tous ici pour U même cause?
WINKELRIED
Nous pourrions attendre jusqu'à la fête du gouverneur; alors il est d'habitude que tous les vassaux aillent dans le château lui porter des présens. Dix ou douze hommes pourraient s'y introduire sans être soupçonnés. Us cacheraient sur eux des fers de lance qu'on pourrait placer ensuite à leurs bâtons, car il est défendu d'entrer au château avec des armes. Une troupe nombreuse