SCÈNE IX
FIESQUE, LES CONJURÉS, LE MAURE , au milieu de la scène avec une contenance impudente. :
QUELQUES CONJURÉS recM/enf de surprise envoyant le Maure, j Ah ! qu'est-ce donc? , j FIESQUE , après avoir lu le billet, avec une ragi \ étouffée. ' Génois, le danger est passé... Mais la conspi ration aussi.
VEURiNA, étonné, s'écrie:
Quoi! les Doria sont-ils morts?
FIESQUE , dans la plus vive émotion.
Par le ciel ! toute la force armée de la repu blique m'eût trouvé ferme... Mais point ceci. L aible vieillard, avec ces quatre lignes, a vainc le chef de deux mille soldats. [Il laisse tnmbn ses bras avec abattement.) Doria a vaincu Fies que.
DOURGOGNINO.
Expliquez-vous donc. Nous sommes stup4 faits.
FIESQUE lit.
« Lavagna, vous jouez, ce me semble, de nu » heur avec moi. Vos bienfaits sont payés d'il
LA CONJURATION DE FIESQUE
» gratitude. Ce Maure m'avertit d'un complot. — » Je vous le renvoie garrotté, et je dormirai cette » nuit sans gardes. »
Il laisse tomber le papier; tous se regardent.
VERRIXA.
Eh bien ! Fiesquc ?
FIESQUE , avec noblesse.
Un Doria m'aurait vaincu en générosité ! Une vertu manquerait à la race des Fiesque!... Non, aussi vrai que je suis un Fiesque... Séparez-vous... J'y vais aller et tout avouer.
VERRiNA l'arrête.
Es-tu insensé, homme? Est-ce donc un jeu d'enfans que nous avons entamé? ou bien n'est-ce pas la cause de la patrie? Arrête. Est-ce à la personne d'André que tu en voulais, et non au tyran? Arrête, te dis-je; je te fais prisonnier îomme traître à l'Etat.