Sonnet
LE CHIEN DU JARDINIER
saire; je puis, sans te blesser, porter remède à ma douleur.
Marcelle. — Vous ne répondez pas?
Diane. — Je ne puis vivre sans toi, Marcelle; et c'est méconnaître, non-seulement mon affection, mais celle de Fabio, qui t'aime éperdument, je le sais. C'est à lui que je t'unirai. Laisse partir Théodore.
Marcelle. — J'abhorre Fabio, et c'est Théodore que j'aime.
dune, à part. — Quel supplice! mon secret va m'échapper... Folle passion, modère-toi. — [Haut.) Fabio te convient mieux.
Marcelle. — Madame...
Diane. — Pas de réplique.
(Elle sort.)
Marcelle, seule. — Pourquoi tenter l'impossible contre une résolution appuyée de tant de puissance? Sa jalousie est assez déclarée; contrariée, elle fera un éclat.
Suspendez votre vol, espérances déçues; dans votre essor, vous m'entraînez à ma perte. Les amours malheureux sont pareils à des arbres flétris par la gelée en pleine floraison.
Ils réjouissaient la vue par leurs teintes et une force cruelle vient les couvrir de deuil. Que de fois un amour jaloux vient flétrir dans sa fleur un autre amour!
Il donnait lieu à de belles espérances; mais qu'importe la beauté de ses fleurs si elles se sont perdues avec le fruit qu'elles promettaient1!
(Elle sort.)