‹ Œuvres dramatiquesChapitre 222 sur 290 · Si fratrem Pollux alterna morte redemit · texte numérisé non relu

Si fratrem Pollux alterna morte redemit

Itque reditque viam toties... (y£n., VI, 121.)

Lope d'ailleurs n'est pas exact dans ce qu'il dit de la constellation des Gémeaux.

don louis. — Don Juan, je vous ai voué mon amitié, et mes actes vous le prouveront. Je ne veux pas que vous contractiez d'obligations tant que vous serez en prison; le contrat ne serait pas valable. Mais, je vous en tirerai bientôt; l'affaire est en bon chemin.

don juan. — Si jamais je devenais ingrat, seigneur, je consens à perdre l'honneur du nom illustre que je porte, et que tant de siècles ont révéré, — à perdre le patronage de la maison d1 Alcalá, où se trouve i*n Ribera, qui est le port de mes espérances.

don louis. — Vous allez bien vous ennuyer ici. Je prétends vous en tirer dès ce soir, et vous faire amuser. Il se présente une occasion où je veux que vous soyez spectateur, ou, tout au moins, auditeur. Et, afin que le plaisir d' autrui ne vous rende pas envieux, j'ai lieu de croire que vous trouverez aussi matière à quelque agréable passetemps.

don juan. — Je n'en doute pas, ayant pour gages et votre élégance et votre galanterie.

don louis. — Alcaide!

* (Entre l'alcaïde.)

l'alcaïde. — Seigneur...

don louis. — Dionis viendra ce soir, vers neuf heures, chercher Don Juan.

l'alcaïde. — Dionis pourra emmener la prison et moimême, si je vous suis bon à quelque chose...

don louis. — Vous pouvez vous en fier à moi. Il sera sous bonne garde, puisque je n'ai d'autre but que de le garder.

(Sortent don Louis et l'alcaïde)

don juan, seul. — Le lion farouche dont une dure épine a traversé le pied, vainement redoutable, vient le montrer à un esclave; la bête cruelle s'humilie, et demande à être guérie par la sagesse de l'homme.

Plus tard, il le voit entrer dans l'amphithéâtre, allant au-devant de la mort, et il paye le bienfait de sa guérison en se couchant aux pieds de celui qui guérit sa patte1.

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