SCÈNE IV
DON JUAN, CITRON
citron. — Eh bien, de quoi avez-vous causé tous deux? Est-elle jeune?... Est-elle belle?... Qui est-elle?
don juan. — Tu crois peut-être que je l'ai vue ?
citron. — Comment! Vous ne l'avez pas vue ?
don juan. — Elle n'a pas consenti à se découvrir.
citron. — Un homme parler ainsi!... Ah! si c'eût été moi !
don juan. — Me proposer un acte discourtois !... Jusqu'à sa main, qu'elle m'a donnée dans son gant...
citron. — Je ne me suis pas trompé ; c'est bien ce que je croyais. La main couverte d'une peau! Vive Dieu! C'est qu'elle a la gale! — Enfin, qu'avez-vous décidé :}
don juan. — De nous aimer toute la vie. Je dois la voir cette nuit.
citron. — Elle vous a indiqué sa maison? don juan. — Sans doute.
citron. — Ah! j'en danse de joie!... Quelle inésadeje vais me donner !
don juan. — Inès n'a rien à voir ici, car nous ne pourrons pas entrer.
citron. — Ceci est mon affaire... Je ne demande qu'à savoir la maison.
don juan. — Près de Saint-Michel-le-Haut; la maison à deux balcons.
citron. — Puisque vous montez si haut, prenez garde à faire un saut.
don juan. — Où pouvait vivre un tel ange, sinon dans le voisinage du ciel?
citron. — Nous pourrions bien descendre plus vite«que nous ne serons montés.
don juan. — Qui aime bien ne doit pas connaître la crainte.
citron. — J'ai mes raisons pour cela; il faut avoir le plus grand respect pour les briques de Tolède.
(Ils sortent.)