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I. Quelque peu taché de l'emphase espagnole

donc qui, sous l'inspiration du ciel, .es venu d'une course rapide pour me sauver la vie, tu me serviras de secrétaire. A défaut d'autre faveur, je t'ouvre mon àme, parce queje t'ai vu enclin à me servir. Je ne te demande pas d'autres détails, puisque tu m'as déjà instruite de ta condition, de ta vie; mais je me persuade que l'homme généreux qui a pris compassion de moi pourra guider ma nacelle en ces circonstances difficiles.

fabio. — Madame, la mer agitée, où, barque fragile, vous prétendez tenter la fortune, est soulevée jusques dans ses abîmes par les tempêtes de l'ambition. A vous parler sans détour, il vous faut un pilote meilleur, plus expérimenté, si vous voulez éviter le naufrage. En vous fiant à moi, vous pouvez vivre; sinon, c'est vainement que vous feindrez la simplicité : vous ne résisterez pas à l'astuce de vos rivaux.

Diane. — Fabio, quand je te révèle mon secret, il est évident que je me mets à ta discrétion. Délibérons entre nous sur la marche que nous devons suivre.

fabio. — Madame, on a vu des femmes à la tète de grands empires; mais ce fut au prix de travaux immenses, de destinées tragiques, de mesures sanguinaires, qui ne sauraient être imités. Si nous ne trouvons un homme de valeur qui vous protège en secret, vous ne sauriez rtre ni Sémiramis ni Gléopàtre.

niANE. — Je regarde Camilo comme indigne.

fabio. — Camilo? Gentil personnage, pour le but que je me propose.

Diane. — Que prétends-tu donc faire ?

fabio. — Vous marier à un homme d'un mérite toi. qu'il soit supérieur à Alexandre.

diane. — C'est entendu, Fabio: tu vas t'occupor do trouver cet homme que tu me présenteras en secret ; et si j'ai de sa personne l'opinion que tu as do sa valeur, nous nous liguerons tous trois pour vaincre ces miels ennemis. Mais qu'il soit bien convenu, puisque j'ai à choisir un mari pour la vie, qu'à toi est réservé le jugement de son mérite, à moi celui de sa personne.

fabio. — J'aime votre esprit et votre goût, vous ne

ressemblez pas à la plupart des femmes. A peine un père, un frère a-t-il prononcé le mot de mariage, que, traitant avec une légèreté coupable un engagement si solennel, elles fondent là-dessus, sans distinction de rouge ou de bleu1, de façon que l'office de mari, qu'il soit charge on fardeau , reçoit plus souvent qu'il ne faut des lieutenants.

dune. — On nous observe, adieu. Le ciel guide tes pas. fabio. — Vous verrez l'homme que j'ai à vous offrir... Diane» — Qui est-il? Par ta vie.

fabio. — Je ne sais... (Ils vont en se rapprochant de la porte.) Mais soyez tranquille. Je vais m'occupcr de ma mission.

Diane. — Qu'il soit brave.

fabio. — Un autre Roland.

Diane. — D'un nom illustre.

fabio. — Une race de rois.

Diane. — Libéral.

fabio. — Un autre Alexandre.

Diane. — Renommé.

fabio. — César ou Achille,

diane. — De noble prestance, sage...

fabio. — Et bien tourné.

diane. — Jeune.

fabio. — C'est le principal.

diane. — Eh bien, je vais t'attendre.

fabio. — Et moi, je pars à la recherche de ce modèle des maris.

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